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Full text of "Traité des fractures et des luxations / atlas"

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TRAITÉ 


DES FRACTURES 

DES LÜXATIOINS 


PAi J.-F. MALGAIGNE, 



ATLAS DE XXX PLAXCHES 



A PARIS, 

CHEZ J.-R. RAILLIÈRE, 

LIBRAIRE DE L’ACADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE, 

RUE HAUTEFEÜILLE, 19. 

LONDRES, H. BAILLIÈRE, 219, REGENT-STREET. | NEW-YORK, H. BAILLIÈRE, 290, BROADWAY. 
MADRID, BAILLY-B.4ILLIÈRE, C.4IiE DEL PRINCIPE, H. 


18S5 



TRAITE 


DES FRACTURES 

ET 

DES LUXATIONS. 


Explication des Planches. 


PREMIÈRE PARTIE. — DES FRACTURES. 


PLANCHE I. 

VARIÉTÉS DES FRACTURES. 


J _Fisscbe DÜ FÉMrat {.MüSÉE DU val-de-geace). — C’cst le fémur gauche d’un adulte de haute taille ; Car du Sommet 

de la tête au condyle interne il portait plus de 44 centimètres; et dans sa moitié supérieure la paroi de la diaphyse attei¬ 
gnait de 5 à 8 millimètres d’épaisseur. On aperçoit sur sa face antérieure une longue fissure verticale, offrant toutefois 
quelques mais unique, et continue dans un espace de 13 centimètres. Immédiatement au-dessous s’en voit une 

très-petite d’un centimètre de longueur environ; au-dessus deux autres, chacune de 3 à 4 centimètres; enfin une 
dernière beaucoup plus bas, à 5 centimètres au-dessus de l’articulation du genou. 

A la face interne, vers le tiers inférieur, il y en a une autre de 3 centimètres; à la face externe, près de la ligne âpre, 
ü y a une série de cinq fissures occupant ensemble une hauteur de 16 centimètres. Je me suis borné à figurer celles de la 
face antérieure. 

Nulle part on ne trouve'la moindre trace d’un choc qui aurait laissé quelque empreinte ; on n a d adleurs aucun rensei¬ 
gnement sur l’histoire de cette curieuse lésion. 

Le fémur étant scié de haut en bas, on constate facüement que la grande fissure traverse toute l’épaisseur de la paroi 
diaphysaire; mais pour les autres, il est impossible d’en trouver quelque trace à l’intérieur du canal; et elles n’entamaient 
l’os que dans une partie de son épaisseur. 

Fig. 2. — Feactdbe kcomplèie du cubitus, phoduite sim le cadaybe. — Je possède aujourd’hui une firacture pareiUe du même 
os, reconnue sur le vivant, et dont l’autopsie a vérifié le diagnostic. 

Fig. 3. — Perforation de l’extrémité supériedre de l’humérus droit par une balle (musée du val-de-grace). — L’humérus 
est vu par sa fece externe et un peu postérieure, l’épicondyle regardant en avant et un peu à droite. 

Une balle de calibré ordinaire a pénétré dans le col de l’os, presque immédiatement au-desso: 

st creusé une cavité assez régulière, sans trace d’autre fracture. La balle n’avait point été extraite, e 


e de la 


capsule, et s’y es.- 

retrouvée sur le eadavrelongtemps après l’accident; eUe avait gardé sa forme, à part un petit fragment que 1 on retrouva 
incrusté à la voûte de.la.cavité osseuse. 

Cette cavité, vue un peu en raccourci sur la figure, présente 28 millimètres de hauteur à son orifice, et plus de 40 a 
l’intérieur; 25’de largeur à l’orifice, plus une échancrure qui entame la face postérieure de l’os, et 30 à l’intérieur. Elle 
ne laisse guère partout que 3 à 5 millimètres d’épaisseur au col de l’humérus, et l’on voit même sur la figure un petit trou 
t. L’intérieur est assez régulier, limité partout par de la substance spongieuse ou réticulaire. 


qui traverse sa paroi er 

et sans communication avec le canal médullaire. Le fond 

ar ce fond n’offrait pas seulement le tiers de l’étendue de la 


centimètre au-dessous de l’ori 


P ; et la balle 


qui reposait sur ce 
n est à regretter que nous n’ayons ■ 
des parties molles à la dissection. ' 


es de la blessure, non plus que sur l’é 


La balle s’était-elle creusé toute cette cavité dès l’origine, par l’effet du mouvement de 


m qu’elle subit souvent avant de s’arrêter; 
résorption de l’os, et en quelque sorte par une 
vu la régularité des parois internes de la cavité. 


ra bien la cavité s’était-elle agrandie ai 
iilatation vitale? Je penche plus volontiers pc 


indique le point où le périoste recouvre la petite esquille détachée de la diaphyse. 


s, n° 91). — Pièce donnée par Champion, de 
ir volume ; j’ajouterai seulement que la lettre a 



EXPLICATION DES PLANCHES. 


Fig. 7. — Feacxoee ateg esquille ccsEifobiie du ti 
eut la jambe droite prise sous une barrique de to 
nudation du fragment inférieur du tibia dans un 
par aucun moyen (je n’employais pas alors mo 
bientôt tout autour de la portion dénudée, qui 


li, lOLSTE i. USE FEAÇTBBE DO.UBLE DU PÉRONÉ. —Une femiiie dé 50 ans 
; de là une fracture compbquée de déchirure aux téguments, avec dé- 
: étendue de 4 centimètres. Ce fragment inférieur ne put être contenu 
1 appareil à vis) ; on pansa à plat ; des bourgeons charnus s’élevèrent 
■esta frappée de nécrose ; mais vers le quinzième jour apparurent des 


phénomènes de résorption purulente avec diarrhée coUiquative, et la malade succomba le vingtième jour. 

On voit d’abord le péroné cassé en deux endroits ; le fragment moyen chevauchant sur la face interne du fragment su¬ 
périeur, et porté au contraire un peu en dehors de l'inférieur; un tissu rougeâtre déjà parsemé de petites aiguilles osseuses 
montrait le progrès du travail de consolidation. 

Le tibia offre deux, fragments taillés en pointe, avec une esquille cunéiforme détachée de sa face interne, et qui s’est 
écartée en dehors dans l’intervalle des deux os. Tout le tissu de cette esquille est piqueté de vaisseaux, sauf une petite 
plaque triangulaire nécrosée à son sommet. Le fragment supérieur du tibia est de même sillonné de nombreux vaisseaux, 
et en dedans et en dehors on voit de petites saillies osseuses de formation nouvelle attestant un commencement de réunion. 
Au contraire, toute la portion dénudée du fragment inférieur est dure, blanche, frappée de mort; les bords de cette por¬ 
tion sont dentelés, déchiquetés, comme s’ils avaient été rongés par des insectes; et le tissu sain à Tenfour est creusé à 
la profondeur de 1 à 2 millimètres. Ce creux était rempli par une membrane molle, rougeâtre, qui s’enfonçait quelque 
peu sous le rebord tranchant de la portion nécrosée, et qui sur le vivant offrait l’aspect des bourgeons charnus. Elle adhé¬ 
rait assez peu an tissu osseux sous-jacent; et celui-ci qu’on voit à nu sur la ligure était rougeâtre, bien que fort dur, et 
présentait une foule de stries osseuses longitudinales, s’envoyant l’nne à l’autre de petits prolongements latéraux, et sépa- 
rées par des sülons d’une teinte plus rouge, où le scalpel pénétrait sans résistance. On eût dit les fibres normales de l’os 
disséquées, isolées et rendues saiUantes par le développement de petits vaisseaux dans leurs intervalles. Plus bas, le frag¬ 
ment reprenait son épaisseur normale; seulement il était piqueté par un grand nombre d’orifices vasculaires, qui lui don¬ 
naient une feinte fortement rosée. 

Fig. 8. — Esquellis provenant d’un tibia feaciuré d’un coup de feu en 1816, et sorties a travers des ouvertures fis- 
TULEDSES EN 1823 (musée DU VAL-DE-GRACE ).—Toutes ces csquilles sont blanches, compactes, et paraissent déeoupéés 
siir l’épaisseur de la paroi de la diaphyse. Sur trois d’entre elles, les deux plus grosses et la moyenne, on reconnaît distinc¬ 
tement la face éxterne dé l’os, qui a à peine été atteinte par l’absorption. La plus volumineuse est parcouruè par une fissure 
en spirale qui ilè pénètre pas toute son épaisseur. 


Mactores des côtes et du sternum. 

Fig. 1. Fractures des Côtes du côté droit (musée bupUYTREN, n" 8 a). Ces fractures, déterminées par Une pression 
violente, occupent huit côtes, de la deuxième à la neuvième inclusivement. Elles sont toutes simples, c’est-à-dire que les 
côtes n’ont ete rompues qu’en un seul endroit; il y a chevauchement pour la plupart ; et pour lès côtes inférieures le 
-rr-n mtercostaux est tel que les sixième, septième et huitième côtes Se sont soudées ensemble. La 

piece a ete d ailleurs suffisamment décrite dans le teste, 1.1, p. 4.34,. 


— FfîACTÜEE INCOMPLÈTE DE LA ) 

îractures complétés a la troisième et a lasepüeme côte. La mort arriva U Av. v 1 - ^ n 

intei^e, les trois fractures à peu près sur la même ligne, à peu de distance des cartilage^ ; ponr'la cô^TenZut Îk 
cote d en bas, le fragment postérieur fait une légère saillie en dedans de l’antre; pour la côte du milieu la frlcmrnïn 

^r" rp^2T “ " ^ 

^“;t mLte7iÏÏlnrté"u”;clmr^^^ B représente le sternum de face, 

représente une coupe ver"de^ o “ Î f ^ 

placement angulaire saillant en avant,’qui porte^rfeuLtl^rnTurilfrllrt ‘i®" 


1—U esi que parüel, et ( 
lartieulièrement sur le fragment inférieur. 


PLANCHE m. 

FBACTDRES DD nez, de la MACHOIRE E΃RIEDRE ET DE LA CLAVICULE, 

Fig. 1. Fracture du nez, avec on notable béplacement latérii dit / 

J’ai donné une description complète de cette fracture, t. I, ^3. ™ DrouWREN, n” 39 ). - 

postérieur découpé en biseau sur sa face interne a chevauché en av^^d"e^’auft™an^une f en dehors; le fragment 

ehement favorisé, sans aucun dente, par l’ahsence de dents sur ce fragmlf fl rhSe meÎ^^ 




EXPLICATION DES PLANCHES. 


constater l’état du nerf dentaire inférieur: ü était parfaitement intact, préservé de tout tiraillement par le chevauche¬ 
ment même, et de toute pression par l’écartement des fragments qui est le résultat du chevauchement. 

Fie. 3._ Feactdee doubiæ eécinte de l’os MvnT.T.AUiE raiiEraœ. — Le fragment moyen est taillé, presque en totalité, sur 

la moitié gauche de l’os. Le fragment postérieur est taillé obliquement en avant et en dehors dans l’épaisseur de l’os, 
comme dans le cas précédent, et le déplacement est aussi le même; mais la fracture antérieure, outre son obliquité 
très-apparente de haut en bas et de dehors en dedans, découpait l’épaisseur de l’os de telle sorte que le fragment moyen 
est taillé en biseau dans sa moitié supérieure aux dépens de sa table interne, et dans sa moitié inférieure aux dépens 



Dans ce cas, le nerf dentaire avait été rompu et le canal oblitéré à l’endroit de la fracture. Voyez t. I, p. 384. 

FtB. 5. — Feactuee récente de la clavicule gauche, avec une tkès-gkande obliquité. — La clavicule est représentée avec 
sa face supérieure un peu inclinée en avant, pour faire bien voir la direction de la fracture, dirigée d’arrière en avant 
et de dedans en dehors. Le sujet avait succombé à d’autres lésions plus graves, presque aussitôt après l’accident. 



c’est la forme étrange de l’os, qui est telle, qu’en supposant les deux fragments mis bout à bout, on n’aurait pas une cla¬ 
vicule normale. Ceci vient de ce que le fragment stérnàl, au lieu de marcher à peu près en droite ligne ou avec une 
légère courbe à la rencontre de l’autre, présente en avant une convexité exagérée, et figure en arrière un arc de 16 
millimètres de Ëèche. On dirait que son extrémité externe, à force de temps et par les mouvements de l’articulation 
anormale, a fléchi en arrière, ou peut-être que la saillie antérieure a été usée par résorption; en sorte qu’au lieu d’une 
pure saillie de ce fragment en avant, c’est un angle obtus formé par là réunion des deux fragments. 

Quoi qu’il en soit, outre les trois grands déplacements notés, il faut ajouter que le fragment acromial est plus abaissé en 
dehors qu’en dedans, et peuLêtre aussi que son bord postérieur est un peu plus élevé que l’antérieur. 

Fig. 7. — Feactuee de la clavicule, a ded peés a l’union du cobps de l’os avec son exteémiié acromiale (musée dupuy- 
lEEN, i!“ 55 ). — La fracture semble avoir été un peu oblique d’avant en arrière et de dehors en dedans; elle a divisé l’os 
en dedans dé l’insertion des ligaments coraeo-clavieulaires. Le fragment acromial est descendu au-dessous de l’autre de 
plus de 2 centimètres; il s’est en même temps porté en arrière, et l’angle antérieur du fragment sternal fait une saillie 
très-considérable en avant. Enfin le chevauchement dépasse 2 centimètres, et la clavicule est très-raccourcie. Un cal épais, 
traversé de haut en bas par un pertms reguber, réunit en arrière le fragment acromial au corps de l'os, et se prolonge à 
3 centimètres sur celui-ci. 


S. —Feactuee double de la clavicule (musée dupuyteen, n" 65). — De ces deux fractures, l’une, située à 3 cenü- 
iètrès du sternum, parait avoir été oblique d’avant en arrière et de dedans en dehors; en conséquence, le fragment 
xterne a gUssé un peu en bas, mais très-fortement en avant, où sa pointe proémine à près de 2 centimètres en avant de 
autre. La deuxième fracture a eu lieu à 3 centimètres de l’extrémité acromiale; elle paraît avoir été oblique de haut en 
ors; en conséquence, le fragment acromial a légèrement chevauché au-dessus de l’autre, sans 
avant ni en arrière. La majeure partie du bgament coraco-claviculaire était restée adhérente au 
is exactement, au fragment moyen. Peut-être y a-t-il dans le fragment acromial une légère incU- 
as. Tout cela est dû évidemment à l’obliquité de la fracture. 

i fracture voisine du sternum, je dois ajouter qu’il n’en existe au Musée Dupuytren qu’un autre 
semple, sous le n» 64 ; cette fois, la fracture est simple, mais elle présente les mêmes phénomènes que celle du n° 65, ce 
ui m’a empêché de la faire dessiner. 


Fig. 9. — Feactuee de l’extrémité acromiale (musée dupuyteen, n” 56). — Pièce donnée par le professeur Thillaye, sans 
renseignement. — La. fracture semble avoir été un peu obbque en arrière et en dedans, et avoir divisé l’os juste à Funion 
du corps avec l’extrémité acromiale, dont l’angle postérieur est resté sur le fragment externe; conséquemment en dedans 
ou près de la limite interne des ligaments coraeo-claviculaires. Le fragment externe est descendu d’environ 1 centimètre; 
mais, de plus, il s’est porté en arrière et en dedans, de telle sorte que l’interne s’est trouvé tout à fait en avant, où il 
fait une saillie fort aiguë, et que le raccourcissement de l’os est de plus de 1 centimètre. Un cal aplati, mais large et trian¬ 
gulaire, réunit en arrière le fragment acromial au corps de l’os, et se prolonge à 3 centimètres en dedans sur le fragment 


On voit que sur cette pièce, comme dans la fig. 7, il y a eu un triple déplacement; l’abaissement du fragment acromial, 
le chevauchement, et la sailbe du fragment sternal en avant. Cette saillie est à peu près égale dans les deux pièces ; les 
deux autres déplacements sont à un bien moindre degré dans celle-ci. Ajoutez qu’ici le fragment acromial est descendu en 










EXPLICATION DES PLANCHES. 


masse et en restant parallèle à l’autre; tandis que sur 
un peu plus abaissée que l’interne. 


un peu obliquement, 


; extrémité externe 


PLANCHE IV. 

FRACTURES RE L’OMOPLATE ET DU COL DE L'HUMÉRUS. 

Fi6. 1 et 2. — Feactdres moltipi.es de l’oléckane et fkactose du col de l’hi«éeds. — Pièce communiquée par M. Voil- 

lemier._L’omoplate est fracturée à la fois dans son corps, dans son col, en travers de la cavité glénoïde, à l’aeromion 

et à l’apophyse coracoïde. 

1“ La fracture du corps de l’omoplate occupe à peu près le tiers inférieur de la fosse sous-scapulaire. Elle décrit 
en travers un arc de cercle à convexité supérieure, de sorte que le fragment inférieur présente un rebord convexe dans 
■ le même sens. (Voyez ftg. 2. ) Le fragment supérieur est divisé en deux par une autre fracture, qui a détaché du reste 
toute la côte de l’omoplate et la cavité glénoïde, en suivant la gouttière du col de l’os: puis, un fragment assez volu¬ 
mineux, composant la moitié supérieure du col et le sommet de la cavité glénoïde, a été détaché à la fois et du 
précédent, et de la base de l’apophyse coracoïde; et cette base elle-même a été séparée du corps de l’os, avec une petite 
portion du bord supérieur. Total, quatre grands fragments séparés du corps de Tos, sans compter les fractures de la 
pointe de l’apophyse coracoïde et de l’acromion, dont il sera question plus tard. Voyons d’abord les déplacements de ces 
quatre fragments. 

D’une part, les deux premiers fragments ont été portés en dehors, laissant entre eux et le corps de l’os un assez grand 
intervalle ; c’est un déplacement par écartement, qui n’avait pas été signalé pour cette région, et qui ne laisse pas l’ombre 
d’un doute. On pourrait croire, au premier abord, que l’écartement est accru par la chute de quelques esquilles trop minces 
pour avoir pu tenir en place, et dont on voit encore une cependant bien consolidée. Mais un examen attentif de la pièce fait 
voir que les angles saillants de chaque fragment correspondent exactement aux angles rentrants des autres, et que si 
l’écartement n’était maintenu par diverses jetées du cal osseux, on pourrait les accoler bord contre bord, .sans aucune 
perte de substance apparente. Ces deux fragments sont donc écartés en dehors, et le corps de Tos parait avoir basculé un 
peu en haut et en dedans, dé manière à favoriser cet écartement. 

Le fragment inférieur s’est ensuite porté assez fortement en dedans et en avant du fragment externe constitué par la 
côte de l’omoplate (fig. i et 2), et en même temps il a chevauché de bas en haut de près de 2 centimètres. Outre ce 
triple déplacement dont on retrouve la marque sur le dessin, il y en a un quatrième que le crayon n’a pu indiquer. Le 
fragment externe est incliné en arrière par sa partie inférieure, de telle sorte qu’en le prolongeant idéalement jusqu’au 
niveau de l’angle inférieur, il en serait éloigné de près de 6 centimètres. Cet angle et le fragment auquel il appartient de¬ 
meurent, au contraire, à peu près dans la même direction verticale que le reste du corps de Tos. 

D’un autre côté, le fragment externe, comprenant la plus grande partie de la cavité glénoïde, fait à sa partie supé¬ 
rieure une saillie de 1 à 2 centimètres en avant (fig. 2). Il en est de même du fragment coracoïdien, qui paraît renversé 
en arrière, de manière à laisser un notable intervalle entre leurs bords correspondants. Cet écartement est maintenu 
par un fragment intermédiaire, qui semble s’interposer entre eux en arrière (fig. 1), et qui contribue aussi à tenir le frag¬ 
ment glénoïdien écarté du corps de Tos. 

Telle est cette fracture multiple, à déplacements nombreux et tellement variés que ni la plume ni le crayon ne suffisent 
à rendre exactement foutes leurs nuances et toutes leurs directions. Mais ce qui en a été dit suffira pour en donner une 
idée générale. 

On voit des traces du cal partout où Tos avait une certaine épaisseur, entre le fragment inférieur et la côte de Tos, et 
vis-à-vis la triple fracture du col. Il y en a quelques traces au bord interne ou postérieur de l’os, là où cependant les 
fragments ne se touchaient point; et, euhn, la consolidation de la petite esquille qui se voit au centre montre bien que 
la minceur de Tos n’y fait point obstacle, tant que le périoste subsiste entre les fragments. 

2“ La fracture de l’acromkm est transversale, située immédiatement derrière l’articulation claviculaire (fig. 1). Le frag¬ 
ment acromial a subi un singulier déplacement ; il déborde l’autre de 5 à 6 millimètres en arrière, où il s’en écarte aussi 
un peu plus qu’en avant. Il s’est en même temps abaissé de 1 millimètre environ, mais sans inclinaison marquée de sa 
pointe. Les bords supérieurs de la fracture offrent des crêtes osseuses attestant un commencement de cal qui, cepen¬ 
dant, n’avait pu prendre place entre les fragments, lesquels étaient joints encore par un tissu fibreux. 

3“ Quant à la fracture de l’apophyse coracoïde, elle avait lieu à 2 centimètres et demi de sa pointe, irrégulière; le 
fragment de la pointe qu’on voit dessiné à part au-dessus de la fig. 2 est divisé en deux autres qui semblaient réunis 
au moins d’un côté par un cal solide; à peine si Ton aperçoit sur les surfaces fracturées quelques vestiges de productions 
ligamenteuses. 

4-® Fracture du col de l’humérus. —Notons d’abord que la tête humérale présentait sur son cartilage une fissure trans- 
versale (fig. 2), et une autre verticale qu’on ne voit pas sur la planche. Cette dernière allait à peine au delà du cartilage; 
mais l’autre pénétrait à plus de 2 centimètres de profondeur. 

L’humérus avait été en outre fracturé dans son col dans une direclion oblique de dedans en dehors, de telle sorte que 
la fracture, remontant en dedans à 3 centimètres de la tête de Tos, descendait en dehors à 7 centimètres du sommet du 
troehiter. La fracture s’était faite avec des dentelures et de petites esquilles encore visibles sur la pièce, confondues dans 
le dessin avec les commencements du cal ; le déplacement avait eu lieu un peu en dedans, la paroi interne du fragment 
supérieur étant reçue dans le canal du fragment inférieur. Le canal ne présentait aucune trace de cal sur ce dernier 
fragment ; il y avait de petites stalactites osseuses dans le supérieur. On voit assez bien, du reste, les débris du cal dont 
la partie fibreuse a été rongée par les insectes ; il y a une production osseuse assez notable et de même apparence que le 








EXPLICATION DES PLANCHES. 


cal au sommet de l’empreinte deltoïdienne, à 13 centimètres au-dessous du niveau de la fracture et dans une hauteur de 
près de 5 centimètres; et de petites traces de cal remontent de là le long du bord extérieur de l’os. En résuméj les tiaces 
du cal descendaient seulement à 6 centimètres au-dessous de la fracture. 

Fig. 3. — FiLiCTDiŒS teaîîsvers.ixes du coeps de l’omoplate et de l’angle inpéeieiie. — Cette pièce provenait d’un jeune épilep¬ 
tique de Bicêtre qui, longtemps avant sa mort, avait eu l’omoplate fracturée par suite d’une chute sur le dos. Elle a été 


Fig. i. — Feactebe de l’aceomion (mdsée dopuytees, n” 67). — Pièce provenant du cabinet de Desault. La fracture est recti¬ 
ligne; elle commence en arrière, presque immédiatement derrière l’articulation scapulo-claviculaire,. à 3 centimètres de 
l’extrémité de l’aeromion, et aboutit en avant à égale distance de cette extrémité. Le fragment externe s’est incliné en bas, 
abandonnant l’autre seulement par le bord supérieur de la fracture ; les bords inférieurs demeurent en contact, comme 
si le périoste supérieur avait été rompu et que l’inférieur eût résisté. La fracture était de vieille date, car le bord supé¬ 
rieur paraît exhaussé par une crête osseuse anormale, qui est surtout remarquable sur le fragment scapulaire. La conso¬ 
lidation ne s’était point faite, et il ne parait pas même qu’il y ait en réunion fibreuse; les surfaces fracturées semblent 
usées comme si elles avaient frotté l’une contre l’autre. La clavicule, suivant l’inclinaison du fragment auquel elle s’in¬ 
sère, semblait donc avoir subi un mouvement de rotation en bas et en avant. 

Il y a au même Musée, sous le n° 68, une autre fracture de l’acromion, donnée par M. Cruveilhier. La pièce précédente 
était assurément d’un homme robuste; celle-ci semble avoir appartenu à une femme. Hors de là, presque tout est sem¬ 
blable ; la fracture, dans les deux cas, siège sur l’omoplate droite; elle a la même direction ; elle est ancienne, non réunie, 
et ses bords supérieurs présentent des crêtes osseuses, toujours plus marquées sur le fragment scapulaire ; mais il y a 
ici un phénomène tout particulier. Tandis que les deux fragments sont au même niveau à la face supérieure, le frag¬ 
ment claviculaire descend à 3 ou 4 millimètres au-dessous de l’autre, à la face inférieure ; ce qui a fait penser au ré¬ 
dacteur du Musée Dupuytren, que les deux, surfaces fracturées avaient chevauché de toute leur épaisseur. Ceci était fort 
important, puisqu’il s’agissait de constater un déplacement tout différent de ce qu’il est sur l’antre pièce. Or, ayant me¬ 
suré les surfaces fracturées avec tout le soin possible, j’ai trouvé, en arrière. 



Et en avant, là où leur épaisseur n’est pas encore diminuée par le biseau du bord externe de l’acromion. 


En conséquence, il n’y a donc pas eu chevauchement des 
de niveau à leur fece supérieure, et la saillie extraordinaire du fragment claviculaire à la face 
hypertrophie qui a presque doublé l’épaisseur de ce fragment, phénomène fort curieux dont on 
pies, notamment dans les fractures non consolidées du coude. Je n’ai point fait de 
la difficulté de faire ressortir par le dessin les caractères qu’une simple description 


suffisamment en relief. 


PLANCHE V. 

FRJVCTÜEES DU COL HUMÉRAL. 


Fig. 1. — Feactuee DiTEA-CAPSüLAniE EÉCENTE. — Humériis gauche vu par sa face postérieure. Les tubérosités, séparées de la 
tête et de la diaphyse, sont divisées en trois fragments et renversées en dehors. La tête, séparée du col anatomique, est 
en partie écrasée; la diaphyse remontée est en contact avec la partie inférieure de la cavité glénoSde. La capsule était 
restée intacte, et a été divisée sur le cadavre pour découvrir la fracture. Voir d’ailleurs 1.1, p. 529. 

Fig. 2. — Feactuee analogue a la peécédente (musée du v.il-de-gkace). Pièce donnée par Devergie. — Humérus droit d’une 
vieille femme, vu par sa face antérieure, sans parties molles. La tête, séparée en dedans de la diaphyse, est renversée 
en dehors; elle a été également séparée des tubérosités, en laissant cependant une portion adhérente plus petite. Les tu¬ 
bérosités avaient pareillement été séparées de la diaphyse, renversées en dehors, et le trochiter divisé lui-même en deux 
par une fracture verticale qu’On n’aperçoit pas sur le dessin. Voir 1.1, p. 529. 

Fig. 3 et 4-. — Feactuee intea-capsulaiee ancienne (musée du vax-de-geace). — Dans la fg. 3, 1 humérus est vu par sa face 
antérieure et interne ; dans la /îp. 4, il est retourné, et la tête regarde à droite. 

A ne considérer que la fig. 3, la fracture semblerait avoir divisé presque verticalement la tête humérale et la portion 
externe de la diaphyse, laissant en dehors un fragment assez étendu qui comprendrait les deux tubérosités, lequel 
fragment serait remonté un peu au-dessus de l’autre. La section opérée, fig. 4, corrige tout ce que la première vue avait 
d’erroné. On suit les parois de la diaphyse jusqu’à la naissance de l’épiphyse, d’où il résulte que la fracture avait été en 
ce point transversale, et toute la portion osseuse qui figurait le fragment vertical n’est évidemment qu’un cal volumineux. 
Les deux tubérosités, détachées à la fois de la diaphyse et de la portion interne de la tête humérale, ont été refoulées en 
dehors, beaucoup moins cependant que dans les fig. 1 et 2; la tête elle-même, rejetée dans ce sens, a perdu en partie 
sa saiüie ordinaire; on voit en haut une portion de son écorce compacte, qui a pénétré dans le tissu spongieux du frag¬ 
ment externe; à sa partie interne et inférieure, au contraire, la fracture semble s’être opérée sans autre déplacement 
qu’une légère inflexion, attendu que ni à l’extérieur, fig. 3, ni à l’intérieur, fig. 4, on ne trouve de traces apparentes 

















EXPLICATION DES PLANCHES. 


de cal. Ces apparences sont assez communes dans les fractures épiphysaires ; nous les retrouverons sur les deux pièces 
suivantes, et pareillement dans une fracture de l’extrémité inférieure du radins, pl. X. 

Fis. 5. — FiL4CTDiœ exiea-capsulaiee avec un tbés-léger déplacement. — Je n’ai donné ici que la coupe de l’os. On voit, par 
■ la comparaison de la ligne ponctuée avec la disposition nouvelle de la fête humérale, que celle-ci a, été jetée en dedans • 
aussi le cal du côté interne est-il assez volumineux, et sur la pièce entière, il figurait une fracture verticale comme dans 
la fig. 3. Au contraire, en dehors, il n’y a pas de trace apparente de cal, et il semble que l’os n’ait subi en ce point 
qu’une simple flexion. J’ai déjà dit que c’est là un caractère fort commun des fractures épiphysaires. Voyez d’ailleurs 1.1, 
p. 520, en corrigeant lignes 20 et 21, à cause du prolongement dm cal sur la face interne de la diaphyse. Le cal avait lamé 
en dehors quelques inégalités, etc. 


PLANCHE VI, 

FRACTIAîES DD COL ET DD COBPS DE L’HDMÉRDS. 


Fig. 1 et 2. — Feaçtuee du col de l’huméeds, avec un déplacement plus peononcé. — Dans les quatre premières figures de la 
planche V, nous avons désigné sous le nom de fractures intra-capsuiaires, des fractures qui s’étendaient en même temps 
hors de la capsule. Ici, la fracture pénétrait bien quelque peu dans la capsule, comme le montrent les irrégularités de 
la tete (fig. 1) ; mais c’était pour ainsi dire un épiphénomène, et les caractères essentiels de eette pièce se rattachent à la 
fracture extra-capsulaire. Voir d’ailleurs 1.1, p. 527. 

^ On voit, sur les deux figures, surtout en considérant les lignes ponctuées, à quel point la tête avec ses tubérosités a 
été inclinée en bas et en dedans. La paroi interne de la diaphyse pénètre assez profondément dans le tissu spongieux de 
la tête; la paroi externe se continue au contraire sans ligne de démarcation, comme s’il n’y avait eu qu’une simple in¬ 
flexion, remarque déjà faite sur les figures précédentes. 

Notez aussi l’amincissement des parois diaphysaires, et le canal osseux rempli de tissu spongieux. L’individu avait subi, 
ort, une amputation dans la continuité de l'humérus. 

— Peacteee du col huméral 


. ---— Cette pièce importante a 

decnte, t. I, p. 517, pour qu’il suffise de renvoyer au texte. J’ai d’ailleurs publié l’observation éntièw 


uujcre sur les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus {Journal de chirurgie, 1845, p. 262). 
Fig. 5. — Feaçtuee 
celui-ci en avan 
suivante. 


in Mé- 


ra. — Le fragment supérieur est déplai 
pnent inférieur. Cal irrégulier et hérissé de stalactites œ 


dehors du fragment moyen, et 
3. Voir la /%. 1 de la planche 


FRACTURES DE L’HUMÉRUS. 


Fig. 


Feaçtuee dooele de l’huméeus. 
surabondant et partout spongieux; 1 
attestent une inflammation de leur ti 


te divisé par un trait de scie. On voit le cal 
J,—, — paraissent creusés de cellules anormales, qui 

3SU. Cette inflammation explique l’irrégularité et la surabondance du cal. 

Fig. 2. -Fracture slmrle, avec détachement d’une esquille a la face antérieure de l’os. - Le fragment inférieur est 
porte en_arriéré, et forme avec l’autre un angle rentrant en avant. Cal spongieux; malgré le contact des deux fragments 
a la partie anteneure, on voit qu’il n’y a pas de soudure du tissu compact. 

” r t ® DANS le même sens (musée dupuvteen n- 86). Pièce donnée par 

e professeur LassuG - La direction de la fracture est assez visible sur la figure, pour que la description en soit inutile. 
Le fragment supérieur est porté en avant et en dedans, l’inférieur en dehors et en arrière; à quoi j’ajouterai qne'les 
deux fragments, en contact par en bas, s’écartaient en haut de manière à figurer un angle très-aigu à sinus supérieur, 
qm a ete comble par la matière du cal, et qui est encore accusé par une large gouttière verticale 

centimètres de haut; lebout supérieur descend jusqu’à 8 centimètres de l’articulation 

du coude, 1 inferieur s’étend jusqu’à 12 centimètres au-dessus. 

commence à 

6 centimètres au-dessus de l’article ; selon sa direction, le fragment inférieur est remonté en dehors et en avant, en faisant 
un angle saillant à la fois dans l’un et l’autre sens, ce qui a permis au fragment inférieur de faire à 
son tour une forte sailhe eu avant de la face interne du supérieur. 

~ ® ^“dioE (musée dueutteen, U" 83). Pièce donnée par le professeur Lassus. - L’hu- 

k fZr ‘^® manière à laisser voir cependant nne partie de sa face postérieure, et notamment 

inférienr” T entendu, on voit d’abord que le chevauchement a eu lieu de telle sorte que le fragment 

etmi’Tf ®®““® '^dcction de la fracture en bas et en arrière, 

InlT" • “ ^“® Pc^'crieure, qui est inclinée en avant dans l’état norl 

sur le W ir;, f qu’il forme ainsi avec le fragment supérieur peut être évalué à-135», et 

vant ü devait y avoir quelques-uns des phénomènes de la luxation en amère. 




reçoit, de l’extrémité supérieure du cuMtps (l’olécpâne a 4- centimètres de largeur en arrière ), et même de la portion res¬ 
tante de la trochlée humérale. 

L’attitude de l’avant-bras sur le cadavre était à peu près intermédiaire entre l’extension et la flexion, comme on le voit 
dans la fig. i. Le fragment externe est remonté jusqu'en haut de la surface fracturée de l’autre ; le eondyle se trouve 
fort au-dessus de son niveau normal, eu égard à la position de la trochlée ; l’avant-bras était en conséquence, non-seule- 
ment fléchi en avant, mais incliné et comme fléchi en dehors. 

La flexion pouvait aller au delà de l’angle droit (fig. 2), mais alors elle se faisait principalement en dehors, le cubitus 
quittant la trochlée pour embrasser la portion inférieure de la surface fracturée, et le radius remontant au point de faire 
chevaucher le fragment condylien sur la diaphyse. 

L’extension était difficile et incomplète (fig. 3) ; alors le cubitus revenait en contact avec la poulie, le radius descendait 


cpndyle huméral, à peu près à s( 


intervalle qui attes¬ 
tait l’usure qu’ils avaient subie, intervalle qui aurait même été plus grand avec une extension plus complète ; cette exten¬ 
sion était empêchée, d’une part par l’hypertrophie de l’olécrâne, d’autre part et surtout par la tension des ligaments pos¬ 
térieurs qu’on aperçoit sur cette figure. 

Dans cette position des fragments, on voit que le fragment condylien, sauf la brèche faite par l’usure, ferait en dehors 
" une saillie plus considérable que dans l’état normal, ce qui est d’accord avec l’agrandissement de la surface articulaire du 
eondyle ; mais, en même temps, il semble que son sommet est attiré en avant, déplacement d’aiUeurs habituel dans ces 
fractures, et dû à l’action des muscles épicondyliens. 

L’articulation huméro-radiale n’avait point souffert, ainsi que le laisse voir l’excision d’une portion de la capsule 
(fig. 1 et 3). L’articulation radio-cubitale était également saine, et les mouvements de pronation et de supination bien 
conservés. 

Fig. i. — Feactiiee coMjnsimvE nu coude (musée dupdyœen, n» 90). Pièce donnée par M. Callé. -r La fracture datait de 
vingt-sept ans, et, malgré le broiement extraordinaire des extrémités articulaires, avait laissé au coude presque tous ses 
mouvements. J’en ai donné d’ailleurs une description suffisante, t. I, p. 581. 


PLANCHE IX. 

FRACTDRES DD COUDE ET DE L’AVANT-BRAS. 

Fig. 1. — Feaotuke du cosdvle huméeal, avec luxation incomplète en dedans du cueitds. Jlai trouvé cette pièce sur un 
cadavre, et, comme presque toujours en pareil cas, sans renseignement antérieur. Je l’ai fait dessiner comme exemple de 
fracture limitée au eondyle ; mais il^ a en outre une luxation qui demande à être étudiée à part. 

Malgré la déformation de la jointure, il est aisé de se convaincre que la fracture n’empiétait pas sur la trochlée. On voit. 










EXPLICATION DES PLANCHES. 


qui s’en trouve à peine éehanerée. Le fragment externe est resté écarté de l’autre ; en aucun mouvement, ils ne frottaient 
l’un contre l’autre ; l’intervalle était rempli par du tissu cellulaire et un prolongement de la synoviale; en haut seulement, 
il y avait un cal fibreux recouvrant les deux fragments dans une assez grande étendue. La surface articulaire du condyle a 
disparu; la tête radiale déformée ne répond aü fragment externe que par une facette taillée sur son rebord externe, et 
une facette du même genre est établie sur ce fragment. 

Mais la luxation concomitante présente encore un plus grand intérêt; on voit, sur la figure, que le cubitus a été jeté 
en dedans au point que le bord interne de l’olécrànese trouve au niveau de l’épitrochlée déformée; le sommet de l’apo¬ 
physe coronoïde répond à une gouttière nouvelle creusée en dedans de la trochlée humérale ; et celle-ci déformée, au lieu 
de sa gorge normale, ne présente qu’une saillie arrondie, laquelle se trouve juste au-dessus du bord antérieur de la dia- 
physe, c’est-à-dire là même où devrait se trouver la gorge de la trochlée. La petite cavité eoronoïdienne de l’humérus 
manque; cependant la cavité olécrânienne est en grande partie conservée. Au total, c’est une luxation directe du cubitus 
en dedans, sans fracture apparente de la trochlée, et dans laquelle il semble que la tête radiale aurait été dans l’origine 
séparée de la petite cavité sigmoïde. La luxation est évidemment de date fort ancienne ; voyons quelles modifications le 
temps a apportées. 

D’abord, la facette interne de la cavité sigmoïde, frottant contre la face postérieure de l’épitrochlée,, y a déterminé la 
formation d’une facette articulaire convexe et revêtue de cartilage. La facette externe passant contre le rebord abrupte de 
la trochlée l’a refoulée en dehors, et y a créé une autre facette, également revêtue de cartilage. Entre les deux, se trouve 
une sorte de gorge de poulie, tapissée par la synoviale et du tissu fibreux. 

Ce renversement du bord interne de la trochlée en dehors n’a pu se faire sans repousser en, dehors la fête radiale qui y 
appuyait sa cupule, et sans agrandir aussi l’espace qui la séparait du cubitus. Cette tête s’est trouvée alors appuyée d’une 
part sur le bord externe de la trocblée, de l’autre portant à vide dans l’intervalle de la fracture. Dès lors, elle a comprimé 
et refoulé en dedans le rebord interne de la trochlée, de manière à faire dispar^tre la gorge et à s’user elle-même sur sa 
face interne, qui présente une facette verticale. Mais, le point d’appui de la trochlée lui manquant, elle a trouvé au-dessus 
d’elle un espace libre où elle s’est développée de manière à dépasser de près de I centimètre son niveau ordinaire. De plus, 
pour s’allonger dans ce sens, qui le déviait de sa direction normale, le radius s’est infléchi à son col, et cette flexion en 
dehors est parfaitement distincte sur notre figuré. 

La fête radiale est d’ailleurs un peu hypertrophiée aussi dans le sens transversal, et pareille hypertrophie se remarque 
pour l’olécrâne. 

En avant de la tête du radius, se voit ùn osselet oblong, et un autre au-dessus de l’apophysè coronoïde du cubitus; 
et il serait difficile ici de les rapporter à des esquilles. On peut mieux les rapprocher, à mon sens, des osselets du même 
genre observés dans d’autres luxations anciennes, par exemple pl. XXI, fig. 2; pl. XXIV, fig. i; et pl. XXIX, fig. i. 

Enfin, ajoutons que la position habituelle de l’avant-bras était la demi-flexion, et que les mouvements étaient fort limités, 
soit du côté de l’extension, soit pour une flexion plus forte. 


Fig. 2, 3 et 4. — Fkactbbe ns l’olécrane (musée dupuîteen, n- 104). Pièce donnée par M. Bordet, qui a consigné quelques 
détails sur le malade, dans les Bulletins de la Société anatomique, 1836, p. 151.—C’était un vieUlard de 86 ans, nommé 
Mulsant, entré en novembre 1835 à l’infirmerie de Bicêtre, mort le même jour d’une pleurésie double, et n’ayant donné 
aucun renseignement par lui-même. A l’autopsie, on trouva une luxation de l’humérus gauche, une fracture du coude du 
même côte ; alors M. Bordet se rendit à la division du malade, où il apprit que la luxation datait de quatre ans, et pro- 
ven^ait d’une chute sur la glace. Le malade n’avait voulu soumettre son bras à aucun médecin. M. Bordet conjectura que 
la fracture du coude se rattachait à la même époque et à la même cause; mais rien dans les renseignements qu’il a obte¬ 
nus ne tend a démontrer cette conjecture. Quoi qu’il en soit, voici ce que montre la pièce. 

L’olécrâne a été séparé par une fracture qui parait déjà assez oblique à la face postérieure, où on la voit s’incliner en 
bas et.en dehors, mais bien plus oblique et plus irrégulière à la face antérieure. Du côté externe, la fracture a séparé 
assez exactement la facette antérieure de la facette postérieure de la cavité sigmoïde; mais, du côté interne, elle remonte 
sur l’olecrâne, laissant ainsi une portion du bord interne de celle-ci attaché à l’apophyse coronoïde. Vers le même point, un 
peüt fragment irrégulier a été détaché del’olécrâneret n’y fient que par du tissu fibreux; et, enfin, on dirait aussi qu’un 
autre petit fragment a été détaché de la surface articulaire et enfoncé en arrière, où ü s’est recollé au fragment infé¬ 
rieur. Outre cette obliquité de dedans en dehors et de haut en bas, il y en a une autre en bas et en avant, le niveau de 
la fracture étant sensiblement plus élevé à la face postérieure de l’olécrâne. 

M. Bordet avait cru voir aussi une fracture du bord interne de l’apophyse coronoïde, réunie par un cal osseux, et la dé¬ 
formation de cette portion de l’apophyse pouvait porter en effet à cette conjecture, appuyée encore par la présence de 
ssures sensibles sur le cartilage articulaire et par l’abaissement du bec coronoïdien. Cependant, j’ai vainement cherché 
des traces bien positives de cette fracturej et la déformation me paraît tenir à une tout autre cause. 

n me paraît évident, du reste, que la fracture de l’olécrâne a eu heu par un écrasement et non’point par contraction 
musculaire. Cela explique pourquoi l’écartement est si léger. Cependant il y a plus d’une remarque à faire : 

1“ La base, de l’olécrâne est manifestement jetée à quelques millimètres en dedans-de sa position ordinaire; et, par 
une suite inévitable, le petit fragment de cette apophyse et le fragment supposé de la fracture eoronoïdienne sont nota- 


iment déviés en dedans; 


te sig- 


nt plus que de coutume, d’où il résulte que l’écartement de la 


3" Enfin, le bec olécrânien est incliné en bas et ei 
fracture est beaucoup plus considérable en arrière qu’ 

Ainâ considéré en arrière, cet écartement est de plus de 1 centimètre. La réunion s’est faite là par deux masses latérales 
assez épaisses de üssu fibreux, laissant au milieu une lacune où la réunion manque. Eu avant, il n’y a aucune trace de 





EXPLICATION DES PLANCHES. 


réunion jusqu’à une distance de 3 à 4. milUmètres et plus de la surface articulaire; et, pour la 
tissu fibreux est presque limité à la surface postérieure de l’os, sans pénétrer pour ainsi dirs 


changement de forme ni de rapports; peut-être, seulement, faut-il noter une petite regetation osseuse en arneie uu uuiu 
postérieur de la cavité radiale du cubitus. 

Fis. 5. —Fsacxobe du eadius uwche au tœbs kféeiede (musée dupuythen, n« 100). — Pièce donnée par le professeur 
Breschet. L’avant-bras est vu par demère; la portion libre de la surface arficulaire du radius indique la pronation com¬ 
plète. La fi'acture semble, à travers le cal fort solide,' avoir été légèrement oblique en bas et en dehors, de telle sorte 
que le chevauchement devait porter, comme il a fait, le fragment inférieur en dedans, l’autre restant en place ou même 
se déviant un peu en dehors. De là, l’effacement de l’espace interosseux en bas, tandis qu’il est pour le moins conserve 
intact en haut. Le chevauchement, d’ailleurs, n’a pas tout feit; il était borné par les ligaments radio-cubitaux in érieurs, 
de telle sorte que la porfion interne de l’extrémité articulaire du radius a à peine bougé ; mais l’apophyse styloïde est telle¬ 
ment remontée que le cubitus, au lieu de s’incliner en dedans comme dans l’état normal, quand on pose 1 avant-br^ sur 
les deux apophyses styloïdes, est au contraire un peu incliné en-dehors. C’est donc surtout cette ascension de 1 apo¬ 
physe styloïde radiale qui a jeté en dedans le fragment inférieur, et ce mouvement n’a été borné que par le cubitus même, 
contre lequel ce fragment est resté appuyé et collé par du tissu fibreux. Il est aussi porté un peu en avant, tandis que 
le supérieur déborde en arrière. Enfin, on peut remarquer que ce dernier est arrondi à son extrémité fracturée, plus que la 
forme primitive de l’os ne l’aurait permis; ü y a eu là une absorption du tissu osseux, détermmée par la pression de la 
peau et de l’aponévrose, ce qui atteste l’ancienneté de la fracture. 

F[Ç. 6._Feactoke des deux os de l’ayaht-eeas, avec DÉPiACEMEur DES QUATRE FRAGMENTS, — La fracturc du radius sipge 

àTunion du tiers moyen avec le tiers inférieur; celle du cubitus vers le quart inférieur de cet os. Le fragment cubital 
inférieur est remonté en arrière, le fragment radial en avant ; ce qui implique un déplacement très-marqué par rotation, 
la portion inférieure de l’avant-bras se rapprochant de la pronation, tandis que U supérieure restait plus voisine de la 
supination. Il est résulté de cette rotation que le fragment radial inférieur, porté en avant du fragment cubital supérieur. 


i du fragment inférieur du cubitus, de teUe sorte que l’espace interosseux s est a peu près 
fandi» que plus haut il a été considérablement réduit par le rapprochement des deux frag- 


le description étendue, t. I, 


;TDEES de L’EXTBÉMITÉ INFÉRIEDBE DD RADIUS ET DES OS MÉTACARPIENS. 


ÏG. 1. — Fracture des deux os de l’avant-bras au même niveau, a ô cenumbires du puimei, a,au . 

EN dedans. - Pièce provenant d’une femme de 25 ans, sans renseignements antérieurs. Les deux fragments du rauius se 
sont inclinés en dedans vers le cubitus. En outre, le fragment radial inférieur est remonté sur le supérieur en même temps 
que sur la tête du cubitus; de là le changement de niveau de la surface articulaire du radius et une luxauon du cubitus 
en dedans. Voyez t. I, p. 589 et 601, et t. II, p. 696. 

ÏG 2 3 et 4. — Fracture récente de l’extrémité iNFÉaiEnEE. du, radius, droit et de l’.ipophïse stîloide do cubitus. -- 
Pièce communiquée par M. Maisonneuve. La fracture était au 14' jour ; mais une pneumonie, qui enleva la malade, avait 
mis obstacle au travail réparateur. La flg. 2 montre les os par leur face antérieure, la fig. 3,par leur face postérieure ; la 
fig. 4 fait voir la direction transversale de la fracture, toutefois avec des dentelures nombreuses. On en trouvera d ailleurs 
la description plus étendue 1.1, p. 605 et 606. 

'IG. 5. - Fracture de l’extrémité lnpébieure du radius droit, en voie de consolidation vicieuse. - Cette pièce provient 
d’une femme morte quatre semaines environ après l’accident ; mais l’affection qui l’emporta avait retardé les progrès du 

cal; et l’os ayant été soumis à la macération, une partie importante du cal a disparu, . , • 

Le radius est vu de côté; la face autérîeure des deux fragments est restée à peu près sur le même plan vertical, mais 
l’inférieur s’est fortement renversé en arrière. Ainsi le rebord articulaire antérieur ne fait plus sadlie ; l’apophyse sfy- 
loïde s’est relevée au même niveau, et le bord postérieur est beaucoup plus relevé encore. Le fragment inférieur semble 
plonger eu arrière dans le tissu spongieux de l’inférieur ; et il forme avec lui en arrière un angle qui était tout a fait rempli 
par la matière du cal avant la macération. Ou n’en voit plus que de légères traces, à 2 ou 3 centimètres de hauteur sur le 
Lgm^ut supérieur; mais sur la^. 7, appartenant à une fracture plus ancienne, ou voit comment le f 
quementsurladiaphyse, en comblant un angle au moins aussi considérable que celui dela^. 5. Voyez 1.1, p. 608 et 610. 

ÏG 6 et 7. - Fracture ancienne de l’exœémité inféeieoee du radius, vicieusement consolidée. — Les os, dans la/îj. 6, 
sont vus par leur face postérieure; et cependant on aperçoit la majeure partie de la concavité art,cnlaire du radius, ce qui 
montre de combien son rebord postérieur estremonté au-dessus de l’antérieur. Cela estplus manifeste encore dans la fig. 7, 






EXPLICATION DES PLANCHES. 


où l’on Toit le rebord postérieur relevé de 13 millimètres au-dessus de l’autre, la face antérieure aplatie, la postérieure au 
contraire faisant une saillie anormale, et la paroi postérieure de la diaphyse plongée profondément dans le tissu spongieux. 
Mais ce tissu spongieux appartient à peine à l’ancien os ; la majeure partie est formée par le cal, qui a comblé l’angle com¬ 
pris entre le fragment supérieur et l’inférieur, et qu’on voit vide sur la fig. 5. La fig. 6 montre en même temps l’apophyse 
styloïde radiale remontée au niveau de la cubitale, et même un peu au-dessus; et, comme l’espace interosseux n’est pas 
diminué, on a ainsi la meilleure preuve que l’ascension de cette apophyse tient au renversement du fragment inférieur en 
arrière^ et non à son inclinaison du côté du cubitus. Voir 1.1, p. 608. 

Fig. 8. — Fsactdke du deuxième os du mètacabpe avec chevauchement et inclinaison en avant du fragment intérieur (musée 
DHPBïTREN, n° 110), — L’os est représenté ici de grandeur naturelle, vu par sa face interne, c’est-à-dire celle qui répond 
au troisième métacarpien. La fracture semble avoir été oblique en bas et en avant; le fragment inférieur, chevauchant sur 
l’autre, fait aussi une très-forte saillie vers la face dorsale de la main, tandis que sa tête incline vers là face palmaire: 
Outre ce premier angle, qu’on voit à merveille sur la figure, il y en a un autre moins sensible, en vertu duquel le fragment 
inférieur s’est porté en dehors du supérieur et la tête articulaire très-notablement en dedans. Il en devait résulter sur le 
vivant un raccourcissement de l’indicateur, une inclinaison de ce doigt vers la paume de la main et en même temps vers le 
troisième métacarpien, enfin une saillie vers le dos de la main et du côté du ponce. 

Fig. 0. — Fracture très-oblique du deuxième os du métacarpe, consolidée avec un déplacement a peine sensible. 


PLANCHE XL 

FRACTURES INTRA-CAPSDLAIRES DD COL DU FÉMUR. 


Fig. 1, 2 et 3. — Fracture eitea-capsulaire en haut, extra-capsulaire en bas, datant de six mois et demi. — Eustache, 
vieillard de 76 ans, tomba, le 20 mai 1841, sur le grand trochauler. Je reconnus une fracture du col du fémur, probable¬ 
ment intra-capsulaire, et mis le membre sur le double plan incliné. Vers le 16 juillet, j’essayai de le faire lever; de vives 
douleurs dans la hanche s’y opposèrent. A la fin d’août il put prendre des béquilles; mais, accusant de nouvelles douleurs, 
il reprit le lit qu’il garda jusqu’à sa mort, le 7 décembre. 

Le pied était à peine incliné en dehors; le trochanter faisait en dehors une saillie plus forte que du côté sain, et décrivait un 
grand arc de cercle dans les mouvements de rotation, qui paraissaient bien se passer dans la jointure, en sorte que je me . 
demandai si ce n’était pas une fracture extra-capsulaire. Mais à la dissection apparut la fracture, comme elle est représentée 
/Ig.l; seulement là synoviale capsulaire adhérait à celle du ppl, tout près de la fracture, et à presque tout le cartilage de 
la tête, et le ligament rond semblait avoir disparu ; il étaitpresque entièrement confondu avec le paquet adipeux cotyloidien, 
présentant ensemble une masse rougeâtre uniforme; et la tête, ainsi fixée dans le fond de sa cavité, ne participait point 


La tête, située au-dessous du niveau du trochanter, a'été séparée du col par une fracture oblique en bas et en dedans, 
qui, commençant juste en haut à Tunion du cartilage d’incrustation avec la synoviale, se terminait en bas à 2 centimètres 
environ en dehors du cartilage, conséquemment en dehors de la capsule. Le trocbapter, avec le corps de l’os, est remonté 
en haut et un peu en avant, et la tête est descendue jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un point d’appui sur la saillie de la ligne 
qui va du grand au petit trochanter, un peu au-dessus de ce dernier ( fig. 2). Le bord supérieur de la fracture, du côté du 
çol, dépassait ainsi notablement le niveau de la tête ; il en restait complètement séparé, et la surface fracturée en ce point 
était revêtue d’une sorte de cartilage blanc et lisse. Plus bas même il restait un intervalle de 1 à 2 millimètres entre les deux 
fragments; la surface du col paraissait recouverte de beaux bourgeons rouges, qui manquaient totalement sur la tête, et 
enfin même, en plusieurs points, la réunion avait commencé à s’effectuer par un tissu fibro-cartilagineux (fy. 2). Sur celte 
même figure, le dessin a essayé de rendre un phénomène fort curieux. Tout à fait en dehors le tissu spongieux du trochanter 
était jaune comme à l’ordinaire ; mais, près de la fracture et dans les trois quarts de son épaisseur, il était d’un rouge foncé. 
De même, sur la tête fémorale, dans le quart supérieur où il y avait séparation absolue, le tissu spongieux était jaune et dur, 
comme s’il eût été frappé de nécrose ; dans le reste de son étendue, il était rouge, et cette rougeur se trahissait même à’travers 
le cartilage d’incrustation. 

Fig. 4 et 5. — Fracture intra-capsulaire datant de neuf .mois, sans aucun-e trace de réunion. — Louis Marie, âgé de 73 ans, 
voulant s’asseoir sur une chaise qu’un mauvais plaisant venait de retirer, tomba sur son derrière, put se relever pourtant 
et regagner son dortoir, se promener même encore le lendemain, et ü n’entra à l’infirmerie que le jour suivant, 22 juil¬ 
let 1840. Il en sortit au bout de cinq mois; alors il boitait un peu en marchant, se fatiguait facilement, et ne pouvait 
même rester longtemps debout. Il mourut le 24 avril 1841. 

^ Le pied n’était pas tourné en dehors plus que l’autre; mais il ne pouvait pas être ramené en dedans, et s’arrêtait à la po¬ 
sition verticale. Le raccourcissement allait tout au plus à 3 centimètres. La cuisse s’étendait complètement sur le bassin, se 
fléchissait à angle de 45° et au delà; l’adduction était aussi considérable que du côté sain; mais l’abduction était presque 

La capsule offrait une infiltration d’un rouge vermeil au voisinage de la cavité cotyloïde; le ligament rond et le paquet 
adipeux présentaient la même teinte. La fracture est entièrement intra-capsulaire, et la tête n’est retenue à la capsule que 
par des adhérences de nouvelle formation (fy. 4) ; ou voit d’ailleurs, sur la même figure, qu’il n’y a eu de réunion d’aucune 
espèce entre les surfaces fracturées. La tête, fort diminuée d’épaisseur, est comme usée et excavée du côté de la fracture, 
ou elle n’offre aucune trace de travail réparateur (^g. 4). Cependant à sa face articulaire on voit.des saillies osseuses 
irrégulières (fy. 5), iadices d une sorte de travaU hypertrophique de ce côté. La surface fracturée du col semble d’abord 





EXPLiCATIOS BES PLANCHES. 


aus.si avoir été usée, et l’on n’y voit aucune saillie qni représente le col; mais, en mesurant l’épaisseur de l’ns en ce point, on 

trouvait qu’elle était plutôt accrue, par l’addilion de plaques osseuses épaisses, luisantes et éburnees. _ 

On aperçoit sur les deuv dessins nue transformaüon curieuse du petit trochanter en une facette eburnee, ™vêtue^uue 

bourse synoviale, et cependant séparée de la capsule articulaire. Dans la flexion, la tête descendait jusque-la, et c etattsans 
doute un résultat du frottement. , 

Ce qui frappera surtout dans ce fait, c’est le peu d’ancienneté de la fracture. De pareilles deformations osseuses sont-eUes 
possibles en un si court espace de temps, et le malade aurait-il eu la mémoire bien fidèlel Je renverrai a cet egard 
planche XXI, fig. 6, où l’on verra la tête humérale, luxée et séparée de son col, présenter au bout de deux^mois un» 
table hypertrophie,' et à sa surface articulaire des saillies osseuses plus marquées qi 


le celles de notre tête fémorale. 


FRACTDEES INTRA ÈT EXTRA-CAPSDLAIRES DD COL DD FEMDR. 

Fig. 1.— Fracture intiu-capsulaire ancienne, avec raccourcissement considérable. — J’ai trouvé cette fracture sur le ca¬ 
davre d’un vieillard, sans renseignements antérieurs. Le corps reposait naturellement sur le côte gauche, et ne pouvai 
même conserver le décubitus dorsal; or, le membre droit, où siégeait la fracture. était dans 1 adduction et la rota¬ 
tion en dedans, au point que l’axe du tronc tombait à 3 centimètres en dehors du genou droit, et que le pied droit repo¬ 
sait sur la table par son bord intere.n a * „ a 

La fracture paraît avoir eu Ueu à l’union de la tête avec le col ; la tête ne tenait pas même à la capsule; cependant elle ad¬ 
hérait à la cavité cotyloîde par de fausses ndembranes rougeâtres qui avaient fait disparaître le cartilage en pteieurs points. 

Les deux surfaces de la fracture ne sont réunies que par quelques faisceaux fibreux et membraniformes d une longueur 
assez considérable. La tête paraît avoir perdu de son épaisseur; l’autre fragment ne présente plus de traces bien apparentes 
du col, mais son épaisseur semble être restée entière. 

Le fémur étant remonté assez haut en même temps qu’il se portait dans l’adduction, la tête est descendue sur la partie 

• la plusinférieure du col et jusque sur le petit trochanter, où elle s’est créé une facette articulaire; une partie du tendon du 
psoas s’était même transformée en une plaque osséo-fibreuse mobUe comme pour compléter cette facette. La capsule avait 
été comme usée et détruite par en bas, et semblait remplacée par une membrane mince, molle, comme celluleuse,^qui 
s’étendait du rebord cotyloïden au-dessous du petit trochanter. En haut, au contraire, la capsule bien qu’aïïongee oflrait 
une épaisseur considérable, et même quelques noyaux cartila^neux çà et là; c’était cette portion qui retenait le fémur 
et l’empêchait de remonter davantage. Toutefois, le raccourcissement allait à près de 6 centimètres, sans compter ce qu y 
ajoutait l’adduction du membre. . , , 

II faut ajouter que la tête n’était pas en contact avec le col par tous les points de sa surface fracturée Les parties ou s insé¬ 
raient les faisceaux fibreux de réunion étaient précisément en dehors des points de contact; toutes les portions qui frot¬ 
taient l’une sur l’autre étaient osseuses et ébùrnées. 

Fig. 2 et 3. -Fracture extra-capsulaire non consolidée, avec eractuee a la base du grand trocilanier.- Messager, vieil¬ 
lard décrépit, ^é de 87 ans, s’était fait cette fracture en se laissant tomber de sa chaise sur la hanche droite, le 2juui 
1841. Je le mis sur le double plan incliné jusqu’au 10 juillet; après quoi il resta dans son lit, faute de forces, buvant bien, 
mais mangeant peu, dormant habituellement. Il resta ainsi jusqu’aux derniers jours d’août sans autre accident ; mais alors 
des taches scorbutiques parurent à la peau ; presque aussitôt une escarre se forma sur le sacrum, et il succomba e sep- 

*** La fracture, bien que datant de trois mois, n’offre aucune trace de consolidation commencée. Je l’ai fait dessiner avec les 
fragments ramenés en bonne position; on voit quelle est parfaitement en dehors de la capsule; le grand trochanter est 
détaché à sa base, les fragments ne se correspondent pas exactement, ce qui vient en partie de l’usure du rebord du 
fragment inférieur, et surtout d’une foule de petites esquilles perdues. Presque tout le tissu spongieux de 1 intérieur du 
col avait été comme broyé, sauf deux fragments assez considérables que j’ai fait représenter, fig. 3^ 

Sur le cadavre, la portion inférieure du col attenant à la tête s’était enfoncée dans la diaphyse, a’- 
voit dans les fig. 4 et 5; la tête était donc très-inclinée en bas, le trochanter abaissé en dedans 
couché par-dessus le sommet de la diaphyse. C’était le frottement du col qui avait usé et poli le rebord du fragment 
inférieur, et c’était ce rebord qui, supportant le col et l’empêchant de descendre davantage, avait mis une lùnite au rac¬ 
courcissement. , . • A • T’ ■ 

Comme les fragments étaient tout à fait libres, j’essayai sur le cadavre même ce que l’extension pourrrait produire. J ai 
rendu compte de ces expériences, t. I, p. 705; du reste, un coup d’œil jeté sur cette figure et les deux suivantes suffit pour 
faire pressentir qu’une traction en ligne directe, exercée d’une part sur la tête, de l’autre sur le corps de 1 os, n es pas 
capable de remettre les fragments en bonne position. 

Fig. 4.-FRACTIIRE extra-capsulaire consolidée, .avec fracture du grand IR 0 CIIANIER.-J’ai donné dans monmémofreSnr 
uelaues dangers du traitement ordinaire des fractures du col du fémur, Fhistoire clinique de celte fracture. Je dirai ici que le 
Set, nommé Lam.bcrt, était alors le cocher de M. Roux, et qu’il fut traité à la Charité par Boyer et M. Roux lui-même 
Malgré la violence d’une extension continue qui lui entama l’aine et le cou-de-pied, et détermina une alienation mentale, il 
avait conservé un raccourcissement de 3 centimètres et demi. ïl mourut à Bicêtre, à70 ans, 16 ans environ apres sa lacture. 

On voitsur laflgurela partie inférieure du col tellement enfoncée dansla diaphyse, que la tête est arrivée presqueau con¬ 
tact de la paroi externe de eeUe-ci; et par la rencontre de la paroi compacte de la diaphyse avec le col, ü est aise de 






EXPLICATION DES PLANCHES. 


juger que l’extension continue n’a pas allongé le membre d’un millimètre. Une traînée de tissu compacte, partant du point 
de réunion, remonte dans le tissu spongieux de la tête même ; c’est une production accidentelle. 

Une autre fracture avait séparé la partie antérieure et supérieure du grand trochanter. Pour juger jusqu’à quel point le 
sommet de cette apophyse s’est incliné en dedans, on peut comparer cette figure à h.fig. 1 de la pl. XI, ou même à la 
fig. 2 de la pl. XII, où le trochanter est représenté dans sa position naturelle. 

Fig. 5. — Fr.4.ctüee iïitea-oapsülaike consolidée, avec fkacture du grand et du petit trochanter. — Je n’ai aucun ren¬ 
seignement sur cette pièce, qui est dans ma collection ; on y voit, d’une part, la tête fémorale hypertrophiée avec son rebord 
replié sur le col en forme de champignon, indice du morhus coxa smüis ; et, d’autre part, le col enfoncé dans la diaphyse 
presque jusqu’à arriver au contact de la paroi diaphysaire externe. Jusque-là ce serait à peu près ce que nous avons vu 
sur la ligure précédente; mais la figure montre déjà que les deux parois de la diaphyse ont été fracturées au même niveau, 
et sur la pièce on pouvait reconnaître que le grand et le petit trochanter avaient été séparés ensemble du reste de l’os, en 
sorte que le col est descendu beaucoup plus bas et que le raccourcissement devait bien aller à 5 ou 6 centimètres. On 
remarque d’ailleurs, comme sur la figure précédente, l’inclinaison du sommet du grand trochanter en dedans. 


PLANCHE XIII. 

FRACTURES DD CORPS DD FÉMUR. 

Fig. 1. — Fracture soüs-teocb.intérienne avec lin cal defforme (imisée du val-de-grâce). — Le fémur est vu par sa face 
antérieure. La fracture paraît avoir eu lieu immédiatement au-dessous des trochanters; le fragment inférieur est remonté 
en arrière du supérieur, et celui-ci porté dans une forte abduction, de telle sorte que la tête est notablement inclinée en 
dedans et en avant. Un cal énorme enveloppait les deux fragments en arrière, et l’on voit sur la figure quelle large et longue 
stalactite osseuse se porte en avant sous la tête et le col du fémur, comme pour leur prêter un appui. 

11 est remarquable que le fragment supérieur, bien que se trouvant en avant de l’autre, n’a pas été porté le moins du 
monde dans le sens de la flexion ; au contraire, on dirait qu’il s’est un peu rejeté en amère pour aller à la rencontre du 
fragment inférieur. 

Ce fragment inférieur est long de 36 centimètres, à partir du condyle interne; le supérieur, de 8 centimètres environ, en 
le mesurant du niveau de la fracture au sommet du grand trochanter : total, 42 centimètres ; et la tête fémorale s’élevant 
de 1 à 2 centimètres au-dessus du niveau du trochanter, la hauteur totale de l’os sain aurait été de 43 à 44 centimè¬ 
tres. Or, dans l’état actuel, le fémur, mesuré du condyle interne au sommet du trochanter, n’a que 39 centimètres, ce qui 
donne pour le chevauchement environ 3 centimètres de raccourcissement; et du condyle interne au sommet de la tête 
fémorale, il n’y a que 37 centimètres et demi, ce qui fait un raccourcissement de 2 centimètres et demi à 3 centimètres et 
demi par le fait de l’inclinaison. 

Fig. 2. —. Fracture siégeant a 6 centimèires .au-dessous du petit trochanter (musée du val-de-geace). — Le fémur est 
vu par sa face antérieure. Le fragment supérieur est fortement dévié en dehors; il ne faisait pas une saillie de plus d’un 
centimètre en avant, La section opérée à l’endroit du cal montre suffisamment le rapport des deux fragments ; le chevau¬ 
chement réel ne dépasse pas 1 centimètre. 

Or, lalonguenr du fragment inférieur mesuré du bas du condyle interne est de 28 centimètres; celle du fragment supé¬ 
rieur, à partir du sommet du grand trochanter, est de 14 centimètres : total, 42 centimètres. Dans l’état actnel, le fémnr 
mesuré du trochanter au condyle interne n’a pins que 40 centimètres, et du condyle au sommet de la tête fémorale 39 cen¬ 
timètres tout au plus. Le raccourcissement total est donc de 3 à 4 centimètres, dont un seulement dû au chevauchement et le 
reste au déplacement angulaire. 

Fig. 3. i— Fracture dourle occupant le tiers supériedr de la diaphtse (musée du v.al-de-geace). — Fémur vu par sa face 
antérieure. Le fragment supérieur est porté fortement en dehors et à peine fléchi en avant ; le moyen placé derrière le 
supérieur, et en dehors et en avant par rapport à l’inferieur. A jeter sur cette pièce un regard superficiel, on pourrait 
appla udir au résultat obtenu ; et même en recourant à la mensuration, le fragment inférieur a 29 centimètres, le moyen 
6 centimètres, lé supérieur 8 centimètres à partir du sommet du trochanter (les deux fractures étant très-obliques, j’ai 
pris les mesures de chaque fragment à partir du milieu du bec de flûte qu’ils, présentent). Au total donc, le fémur, du 
grand trochanter au condyle interne, aurait dû avoir 43 centimètres, et dans l’état actuel il en a encore 40 ; mais sa hau¬ 
teur normale, jusqu’au sommet de la tête, eût été de 44 à 45 centimètres, et elle n’est à présent que de 38 ; raccourcisse¬ 
ment énorme, dont la majeure partie est certainement due au déplacement angulaire. 

Fig. 4.—Fracture oblique de la p.AaTiE moven.ve du pémur (musée du val-de-grace). — Le fémur est vu de côté; un trait 
de scie l’a divisé d’avant en arrière; on voit sur la figure que la paroi postérieure delà diaphyse, au point où la scie a passé, 
est déjà fracturée un peu plus haut que l’antérieure, mais on aperçoit surtout le bec aigu du fragment inférieur qui est re¬ 
monté fortement en arrière. Le chevauchement a été arrêté ici par la rencontre des deux fragments, la paroi diaphysaire 
postérieure de l’un appuyant sur la paroi antérieure de l’autre. Ils formaient de plus, entre eux, un angle saillant en dehors 
que le dessin n’a pas pu rendre, 

Fig. 5 et 6, —Fracture du tiers moyen du fémur, a grandes dentelures engrenées (musée des hôpitaux). —Le col n’était 
pas encore osseux, mais il était déjà suffisamment solide pour maintenir les deux fragments. [Le fragment supérieur s’est 
bien un peu porté en rlehors {fig. 5) et en avant {fig. 6) ; mais néanmoins il présente deux fortes dentelures qui, en s’enga- 
geant dans les angles correspondants du fragment inférieur, mettaient obstacle au chevauchement. 





EXPUCATION DES PLANCHES. 


PLUfCHE xrv, 

EEACTDBES DE LEXTBÉMITÉ IISFÉRIEÜRE DD FÉMUR ET DE LA ROTULE. 

Fig. 1. — Feactdee siis-condyliesse dü féhor(mdsêe ddpdîtben, n» 150).^Cette fracture est oblique en bas, en dehors 
et un peu en avant; le fragment supérieur, glissant dans ce triple sens, a refoulé la rotule en bas jusque sur le tibia, de telle 
sorte qu’elle estréellement luxée en bas sur le fémur- Le fragment inférieur est resté parallèle au supérieur. 

Fig. 2 et 3.— Feactoee tb.insvees.u.e de la kotule avec consolidatios osseuse. — J’ai trouvé cette fracture sur la rotule 
droite d’un homme qui portait à gauche la fraeture bien plus grave représentée/?p. 7. La première n’avait pas été soup¬ 
çonnée pendant la vie. On voit à la face articulaire, fig. 2, une solution de continuité du cartilage occupant toute sa lar¬ 
geur et son épaisseur; aux deux extrémités, la réunion paraît s’en être faite dans l’étendue de 1 â 2 millimètres; au 
centre, il n’y a rien de semblable. A la face antérieure (jîjl. 3), Tos présente une gouttière transversale peu pro¬ 
fonde, d’environ . 5 millimètres de largeur, interrompue seulement vers le bord interne, et qui accuse un écartement .qui 
a été rempli par Un cal osseux. 

Fig. 4..— Fracture transveksale.de la rotule réunie par un-tissu fibreux. — Pièce provenant d’un vieillard de Bieêtre 
qui, deux ans avant sa mort, s’était fracturé la rotule par l’effet d’une chute dans laquelle le genou avait porté contre 
une’ marche d’escalier. L’écarteinent sur le cadavre était de trois travers de doigt; la dissection l’a donc beaucoup accru. 
Le ligament rotulien très-épaissi n’offre que.3 centimètres de longueur à sa face interne ; à l’autre-genou, il en avait 6. 

J’ai indiqué, t. I, p. 754, la composition du tissU fibreux qui réunissait les deux fragments, et j’ai décrit également, 
p. 755, le renversement si curieux-du fragment inférieur dont la face cartilagineuse regarde presque'directement en haut. 
J’ajouterai ici que si l’on compare la hauteur des deux fragments et leur épaisseur à la hauteur et à l’épaisseur d’une 
rotule saine (la figure a été dessinée de grandeur naturelle), on trouvera une hypertrophie notable des deux fragments. 
J’ai d’ailleurs donné une description très-minutieuse de cette^ièee dans mon mém6iK_ Sur quelques dangers du traite¬ 
ment généralement adopté pour les fractures de la rotule ; Journal de chirurgie, i 843, p. 236. 

Fig. .5.—Fracture transversale de la rotule, réunie par un tissu fibreux (musée dupuytren, n» 202). — J’ai fait des¬ 
siner cette pièce pour montrer de face l’inclinaison en avant du fragment inférieur; la surface fracturée présente un plan 
déeliyè en avant et en bas, qui ferait croire, sans la lumière apportée par la figure précédente, que la fracture a découpé 
l’os én biseau dans ce même sens. On reconnaît sur la pièce que ce résultat est dû à l’inclinaison du fragment, parce 
que la pointe de la rotule a basculé en arrière. 

Le fragment supérieur semble lui-même s’être, incliné en. arrière par sa partie supérieure, comme si la fracture avait 
été traitée par un appareil à double pression. Enfin, il présente à sa face antérieure des saillies osseuses de formation 
nouvelle, qui lui donnent une épaisseur de 2 centimètres et demi. 

Fig. 6. — Fracture comminütive- de la rotule, réunie par un cal fibreux. 

Fig. 7. — Fracture de la rotule réunie d’abord par’un cal fibreux, avec double récidive suivue de mort.— Dehtu; 
âgé de 61 ans, portait depuis plusieurs années une fracture en travers de la rotule gauche, réunie par un cal. fibreux qui 
s’était déjà rompu une fois et de nouveau réuni, lorsque le 7 février 1839 il fit un faux pas et tomba â la renverse ; le cal 
s’était rompu pour la secondé fois. Mais en même temps la peau du genou, était fortement eechyiriôsée ; il s’y forma une es¬ 
carre dont la chute ouvrit l’articulation, et le sujet succomba le 2 mars. 

Les deux fragments étaient séparés par un intervalle de 5 à 6 centimètres, où Ton retrouvait àpeine des débris du cal 
fibreux. La figuré les montre par leur face articulaire. Le fragment supérieur est déformé; une zone en forme de crois¬ 
sant, revêtue de périoste, occupela partie supérieure dans une largeur de 8 à 15 millimètres; la-portion restée cartilagineuse 
est limitée en haut.parla zone susdite, en bas par un rebord osseux saillant, courant tout le long de la fracture. Le fragment 
inférieur est presque entièrement dépouillé de cartilageet érodé par l’effet de la suppuration. D paraît formé de deux por¬ 
tions; Tùnè, représentant sa forme primitive, offre 2 centimètres et demi de hauteur; l’autre, qui surmonte la première, 
est un prolongement osseux de 2 centimètres et demi de largeur sur 1 de hauteur, qui semblait aller à la rencontre du 
fragment supérieur; et comme lahauteur du fragment supérieur est de 3 centimètres, Tos avait donc acquis une hauteur 
totale de 6 centimètres et demi, tandis que la rotule droite du même Sujet,/îg. 2 et 3, n’en a que 4 et demi tout au plus. 
J’ai donné l’observation entière dans mon Mémoire déjà cité, Journal de chirurgie, t. 1, p. 244. 


PLANCHE XV. 

FRACTURES DD FÉMUR ET DD TIBL4. 

Fig. 1. — Fracture sus.cosdylienne du fémur, en apparence transversale (musée dupuytren, n° 135). La fraeture 
siégea ll.oul2centimètresdescondyles. Les deux fragments ont gardé à.très-peuprès la même direction verticale; mais 
Tihférièur a reculé en arrière d’environ 2 centimètres. Le chevauchement est de 5 centimètres, et le diamètre antéro-pos¬ 
térieur'du fémur est en.ee point plus que doublé. Le caT est formé par deux larges jetées osseuses, dont 1 interne, large 
de 5 centimètres, descend obliquement du fragment supérieur à l’autre ; Texterne n’a que 3 centimètres et se dirige tout â 








EXPLICATION DES PLANCHES. 

- fait transversJement. Au-dessus de^elle^cionjoit r^^^^^^^^^ 

d^s’deux fragments; on voitque Poriflce du canal d, Tes n’est pas mé.e 
fil Se fragmentinférieur/et sur la pièeeon peut fairela même remarque.pourle fragment supermur. 

Ce déplacement, cette disposition du cal donnent déjà à cette pièce une legttime importance ; mats elle en ure une bien 

suptieïe de sad rection en apparence transversale ; n’est là cette fracta^^ 

“ effet l’extrémité du fragmenUnférieur coupée carrément ; mais, d’autre part, la surface qui se montre ainsi n a pas tout 

à fît’centimètres de largeur, ce qui implique une perte de substance de l’os dans le sens transversal; et surtout le frag- 

Lnt supérieur semble coupé obliquementsursa face antérieure. On auraitpualléguercependantpourcelui-ci que son angb 

ra’t été émoussé nar le frottement’ des parties molles; et l’unique moyen de résoudre cette objection était de scier 1 os 
Tl d’avant en arrière. J’ai fait exécuter cette section tout récemment ; elle a montré que la paroi antérieure de. 

/Siyséavait été divisée à un niveau fort supérieur à l’autre, en sorte que.la fracture en ce point était oblique enbas 

aperçoit par’derrière le péroné fracturé dans son quart supérieur. 

Fis. 3.-FiLtCTiiEiî DU TIBIA OBLIQUE EN BAS El EN ARRIHIE.-L’os est pareillement vu par sa face interne. . 

Fig. i. - Fkactübe du tibia oblique en b.as et en ded.ans, - Les deux os sont vus de face ; le péroné est fracturé à peu près au 

même niveau, ce qui indique une fracture par cause directe; 

Fig. 5 et 6. - Fractube nu tibia oblique en b.as et en ded.ans. - Ici le péroné est fracturé plus haut que le tibia, indice d’une 

fracture par cause indirecte. 


FRACTURES DES EXTRÉ.MITÉS INFÉRIEURES DU TIBU. 


ET DU PÉRONÉ, ET ÉCRASEMENT DU CALCANÉUM. 


Fig. 1 et 2. — Fracture par écr.asement de la partie infébieuee de la j-Ambe. —Le sujet était un vieillard qui s’était jeté par une 
fenêtre du troisième étage, et-avait succombé .quelques heures après. 

La & 1 montre le tibia et le péroné vus de face. La malléole interne est séparée de l’os, et la fig. 2 fait voir que cette 
fracture s’étend directement d’avant en arrière. Le tibia est fracturé dans sa portion spongieuse d’une maniéré fort irrégu¬ 
lière, et présente de grandes dentelures déchirées, avec deslacunes laissées par le départ de plusieurs petites.esquilles. Le 
fi'agment inférieur était lui-même divisé verücalement de droite à gauche, jusque dans sa surface articulaire, fig. 2. Enfin, 
le péroné était brisé un peu au-dessus de la fracture du tibia; sa malléole, demeurée intacte, avait aussi gardé toutes ses 
r'nnnpvinns avec ce dernier os. Il y avait un déplacement angulaire très-prononcé ; le fragment supérieur du péroné faisait 
le sommet de l’angle saillant en dedans, et offrait là une pointe aiguë qui soulevait fortement la peau. 

Fin. 3. - Fractures des extrémités inférieures du tibia et du péroné, et de l’extrémité postérieure du.calcanÉüm (musée 

DES hôpitaux). 3, t, j 

La pièce est vue par sa face externe pour montrer la fracture du calcanéum. La portion postérieure de cet os est d abord 
séparée parune fracture verticale qui va d’un côté à l’autre; déplus, onvQÎt des esquiUes larges, mais fort minces, détachées 

de la face exterué. La gartié antérieure de Tos est parfaitement intacte. , 

La fracture du péroné siège un peu au-dessus du niveau de l’articulation même, la malléole restant intacte. On voit en 
avant une forte esquille déta'chée de la partie antérieure du tibia ; une autre esquille, plus considérable encore, comprenait 
la malléole interne tout entière; une troisième, beaucoup plus petite, était constituée par une portion delà surface articulaire 
et se trouvait enfoncée dans le tissu spongieux de Tos. La surface articulaire préséhtait donc une division d’avant en arrière 
et une autre transversale, comme dans la fig. 2, plus un enfoncement d’une esquille découpée dans sa moitié antérieure ; 
mais la moitié postérieure demeurée intacte faisait corps avec le reste de Tos : l’écrasement n’avait eu lieu qu’en avant. 

4, _Fracture-DE l’exteébiité inférieure du péroné par abduction (musée des hôpitaux). — Kèce donnée par 

M. Maisonneuve , qui a publié l’observation dans son mémoire Sur les fractures du péroné, Ai-chiv. gén. de Médecine, 184-0, 
■ t. III, p. 177. J’en ai donné la description 1.1, p. 809 et 814. 

Fig. 5. — Fracture de l’extrémité inférieure du péroiîÉj présumée par adduction (musée des hôpitaux).— Lapîèeeentiêre 
comprenait les deux os de là jambe avec l’astragale et le calcanéum ; mais tous ces os étant parfaitement intacts, sauf le 
péroné, je me suis contenté de montrer l’aspect de la fracture. 

Elle commeuee en dehors à 6 centimètres de la malléole, et offre d’assez fortes dentelures, dont la plus considérable forme 
le sommet du fragment inférieur. De là elle descendait très-obliquement en dedans, de-manière à se terminer à peu près 
au milieu de l’articulation péronéo-tibiale, à la distance de 2 à 3 millimètres de Tartieulation tibio-tarsienne. Les deux frag- 





EXPLICATION DES PLANCHES. 


de l’autre, mais en masse et sans aucune inclinaison. Il semble aussi que le supérieur ait été séparé par diastase de'son 
articulation avec le tibia. Enfin, on Toit naître de la face antérieure de l’os, vers la partie supérieure de la fracture, une 
stalactite osseuse qui rappelle par sa forme l’apophyse, styloïde du temporal, et qui se dirige transversalement en 
dedans. 

Fig. 7. —Fkaciuee double du PiEONÉ droit, PEOBAELEsiEsr par cause nniEciE (MoséE dupoyteen n” 230). — Le péroné est tu par 
sa face interne. A 6 centimètres du sommet de la malléole se voit une fracture presque transversale, avec déjètement en 
arrière du fragment supérieur. H y a au milieu une fente que le cal n’a pas remplie. A 9 centimètres pins haut existait une 
deuxième fracture qui ne s’est pas consolidée ; le bout du fragment est arrondi et le canal médullaire oblitéré. La partie 
supérieure de l’os manque. 

Fig. 8 et 10. — FbactBùS par ïcsasement du CAtaMÉOM, ad iS‘ joue.— Un aliéné, âgé de 4-5 ans, sauta d'une hauteur de 7 à 
8 mètres, et tomba sur les deux talons; de là une fracture des deux ealcanéums. J’appliquai des attelles latérales qui.furent 
laissées en placé jusqu’au 33' jour. Une affection étrangère aux fractures l’emporta le 48* jour. 

La fig. 8 représente le calcanéum droit; -il est surtout écrasé au niveau de sa grande facette articulaire, où sa hauteur 
était réduite à 3 centimètres, ha fig. 10, où on le voit scié horizontalement, montre quelle largeur anormale il a atteint. 

. Sur la pièeè, au niveau.de sa petite apophyse, il offrait 6 centimètres et demi, et cet élargissement s’était presque en- 
tièrèment opéré du côté i'nternecL.a /îj. 10 fait voir encore lés lacunes.que'laisse le cal, même au bout de quarante-huit 
jours; les intervalles des fragments étaient à peine remplis par un tissu spongieux plus ronge, plus rare et plus tendre que- 
le tissu déçljos; dans plusieurs endroitsmême, la réunion ne s’était faite que par un tissu mou, tomenteux, membrani- 
.forme. O'û.troüvera du reste l’observation dans mon Mémoire sur la fracture •par écrasement du calcanéum, Journal de 
ehirurgie, t. li-p- 6- 

Fig. *9. — Feacidee PARÉCRASEMEmDDCALCjjiÉuM AD 13® jODEi •—Oéllé-ci provenait d’iine simple chute d’une fenêtre à hauteur 
d’appui, mais chez un homme de 60 ans. La fracture a été suffisamment décrite tome I, p. 831, et j’ai donné robservation 
dans mon Mémoire précité, p. 2. 



DEUXIÈME PARTIE. — DES LUXATIONS. 


PL-MfCHE XVII. 

LUXATIONS DE LA MACHOIRE LNFÉRIEDRE ET DES VERTÈBRES CERVICALES. 


Viq. A,.— .Luxation bilatérale de la mâchoire inférieure. —Cette pièce m’avait été Communiquée parM. Nélaton, qui depuis 
4’a. déppsée au SIusée Dupuytren, n« 720 ; l’observation se trouvé Revue médico-chirurgicale, t. VI, p. 286. La luxation 
l’était plusieurs fois reproduite. Les ligaments sont intacts; les condyles ne paraissent pas portés plus eh avant que dans le 
bâillement ordinaire; seulement les apophyses coronoldes, très-élevées, et, chose remarquable, plus rapprochées des eon- 
dyles que sur une mâchoire ordinaire, chevauchent fortement sur les os,malaires en dehors des tubercules du même 
nom. 

Fig. 2 et 3. — Luxation bilatérale incomplète en avant de la 4' vertèbre cervicale sur la 5'. — Pièce communiquée par 
M. Trélat. L’observation a été publiée dans la thèse de M. Richet, Des luxations traumatiques du rachis, 1851, p. 94. J’en 
ai donné d’ailleurs l’analyse, ainsi que la description de ces deux figures, t. Il, p. 366. 

Fig. 4 et 5. — Luxation bilatérale complète en av.a.nt de la 4' vertèbre cervicale sur la 5'.—Homme de 38 ans, tombé d’un 
deuxième étage, mort le lendemain. Les deuxième, troisième et quatrième vertèbres cervicales étaient portées fortement en 
avant et légèrement à droite ; lé corps de la .quatrième déborde donc en avant celui de la cinquième. En arrière, au 
contraire, les épines semblent se suivre sans notable changement de rapports; mais on voit que l’épine de la qua¬ 
trième a été séparée du reste de l’os par une double fracture des lames vertébrales, et c’est ainsi qu’elle est restée en 
arrière. Les apophyses articulaires de la quatrième sont tout à fait en avant de celles de la cinquième, sur lesquelles elles 
chevauchent même notablement. La portion moyenne du ligament antérieur est intacte; il était déchiré sur les côtés. Les 
enveloppes de la moelle n’étaient point lésées. La moelle.offre.une double flexion pour s’accommoder à la nouvelle direc¬ 
tion de son canal; elle est fortement comprimée, mais sans contusion et sans épanchement de sang; la fracture de Tare 
vertébral Ta préservée d’une compression qui aurait été presque jusqu’à une section complète. J’ai publié cette observation 
Revue médico-chirurgicale, t. XIV, p. 333. 


EXPLICATION DES PLANCHES. 


PLANCHE XVIII. 

LUXATIONS DES VERTÈBRES, DD STERNUM ET DU BASSIN. 

Fig. 1 et 2. — Luxation pathologique de l’atlas en avant de l’axis. — Pièce communiquée par M. Rousseau, sans rensei¬ 
gnements antérieurs. L’ensemble des os de la fête accusait au moins un homme de 40 ans. L’atlas et l’axis sont soudés 
ensemble, aussi bien qu’avec l’occipital; celui-ci était soudé avec le sphénoïde, mais toutes les sutures persistaient. J’ai 
donné la description de cette pièce, tome II, p. 341. 

Fig. 3 et 4. Luxation de la deuxième pièce du steenum en avant de la presiière. —Pièce communiquée par M. Maisonneuve. 
L’observation se trouve dans son mémoire. Archives générales de médecine, 1842, t. XIV, p. 255. Cette pièce a été suffi- 
samment décrite tome II, p. 402 et suivantes. 

Fig. 6. — Luxation du sacrum en avant, avec fracture de l’os iliaque gauche (m'usée dupuyteen, n” 765). — Cette pièce 
m’avait été communiquée par M. Foucher, qui en a consigné l’observation dnïiSÏSiRevuemédieo-chirurgicale, t. IX, p. 336. 
J’en ai donné l’analyse tome II, p. 783. 


PLANCHE XIX, 

LUXATIONS SCAPULO-HDJIÉRALES. 

Fig 1, 2 et 3. — Luxation soüs-coracoïdienne incomplète réce.nte, avec fracture du trochiter et du rebord glénoïdien 
.ANTÉRIEUR. — Cette pièce, recueillie sur un homme qui était mort quatre jours après l’accident et après la réduction, est 
intéressante à un double point de vue. La fig. 1 montre d’abord la luxation réduite, et un caillot fibrineux fermant la 
déchirure de la capsule, avec une petite esquille engagée dans son épaisseur (Voir tome II, p. 56). La fig. 2 représente la 
luxation reproduite ; la capsule incisée laisse apercevoir la surface d’où le trochiter a été arraché, et en dehors le trochiter 
lui-même adhérent à la capsule. Enfin,, lu fig. S montre par la même incision la tête humérale remise en sa place, la petite 
fracture du rebord glénoïdien, et le caillot obturateur par sa face interne (Voir aussi tome II, p. 495 et suiv.). L’observa¬ 
tion entière a été publiée Revue médico-chirurgicale, t. IX, p. 174. 


PLANCHE XX. 

LUXATIONS SaAPULO-HDMÉRALES. 


Fig, 1, 2 et 3. — Luxation soos-coeacoïdienne incomplète, d.atant de sept mois. — Boremans, âgé de 34 ans, fut surpris, le 
16 décembre 1851, par un éboulement qui le renversa en avant les deux bras étendus, le bras droit particulièrement porté 
un peu dans Tabduetion. Delà nne luxation de Thumérus droit, qui fut d’abord méconnue; trois mois plus tard, on la 
reconnut. Ton essaya en vain de la réduire, et le blessé entra dans mon service à Saint-Louis, le 1" juillet 1852. Il offrait 
alors tous les symptômes de la luxation intra-eoracoïdienne ; le coude écarté en dehors et un peu en arrière, à la distance 
de 9 centimètres du tronc; la face externe du bras figurant un angle rentrant de 15 millimètres de flèche; Thumérus dans 
la rotation en dedans, Tépicondyle en avant, et enfin une grande portion de la tête saillant en dedans de l’apophyse cora¬ 
coïde, comme on peutle voir fig. 2, On sentait bien cependant encore cette tête dans Taisselle, mais à une profondeur telle 
que je n’en tins compte, et je diagnostiquai une luxation intra-eoracoïdienne. J’en tentai la réduction le 5 juillet, six mois 
• et demi environ après l’accident. J’ai raconté, t. II, p. 168, comment la tête ne se replaçant pas complètement dans sa 
cavité, je voulus Ty ramener à Taide d’une serviette, qui déchira les téguments du bord axillaire postérieur. Trois jours 
après, je fis encore un nouvel essai de coaptation ; mais la suppuration se développa dans Taisselle, et le sujet succomba le 
19 juillet, sans que la réduction eût été obtenue. 


La dissection montra d’abord que la luxation avait été incomplète, le rebord glénoïdien ayant creusé une gouttière sur la 
portion articulaire de la tête humérale, fig. 1. La majeure partie de cette tête, fournée fortement en dedans, appuyait sur une 
sorte de cavité communicante, mais qui n’était encore ni osseuse, ni même cartilagineuse. La cavité glénoïde n’avait gardé 
son cartilage que dans sa portion inférieure; le reste était occupé par un tissu fibreux adhérent, comme si c’eût été la por¬ 
tion postérieure de l’ancienne capsule qui se fût soudée à la cavité. Mais ce qui avait rendu la réduction impossible, c’était 
d’abord la portion postérieure de la capsule nouvelle, formée par le tendon du sous-scapulaire et adhérent à la fosse sous- 
scapulaire, 1 et 2, n ; puis la portion postérieure de l’ancienne capsule, collée en partie sur la cavité glénoïde et ne pouvant 
s tout une membrane fibreuse épaisse, solide, étendue de la face inférieure de 
î, b, et qu’il aurait fallu diviser avec le couteau (Voir aussi tome II, p. 54, 497 






EXPLICATION DES PLANCHES. 


LUXATIONS SCAPDLO-HUSIÉRALES. 

Fig. 1, 2, 3 et 4. — LtiXATiôîf soüs-coEicoÏDiEssÉ coirpiÈTÉ. —Pièce eomi 
dayre d’un -rieiflard, sans renseignements antérieurs. M. Fauraytier en 
Société anatomique, 

la fig. 1 montre la téte luxée sons l’apophysê-coracoïde qui la partage en deux moitiés à peu près égales, laissant 
même la gouttière bicipitale en dehors. La fig. 2 fait voir la gouttière creusée sur le eol anatomique,de la tête humérale, 
indice irréfragable de luxation complète,-; en opposition avec la gouttière creusée.sur la tête même, comme dans la pL XX, 

■ fi3i Ij qui atteste la luxation incomplète. Sür -la ^p.-S, on voit la nouvelle cavité, toute osseuse, principalement formée par '. 
uri.plateau.osseux de formation nouvelle, en partie aussi creusée aux dépens du rebord glénoîdien antérieur. Enfin, la 
fig.i représente une coupe transversale de l’omoplate; et, en faisant voir l’épaisseur du plateau osseux, a; accumulé sur sa face 
interne é, c, montre en même temps quel intervalle séparait toujours la. tête luxée du col del’omoplate, et bien plus encore 
de là fosse scapulaire. De c en d, la lame compacte du eol de l’omoplate étdu rebord glénoîdien d â disparu sous la pression. 
Voyez t. II, p. 45 et 469. .. . . . . ; - V . t- 

Fig. 5 et 6. — Luxation DE la tête ho.méeale sous -LA CEAvicnLE, avec feactuee commltotive pu col'de ù’huiuéeus, datant 
DE DEUX MOIS. Pièco Communiquée par M. Mànzini, qui a publié l’observation , Bulletins de la Sociéie dnâtomique^ 1840, 
p. 227; moi-même J’avais êu-.OCèasion de voir le malade. ■ ■- 

donné l’analyse de l’observation et la description de la pièce, t. II, p. 547; j’îhsistérai seulement ici sûr rhypertrophîê 
é la tête humérâlê. On la voit par sa surface articulaire, fig. 5, et par la surface fracturée,-jïj. 6. ' 


■ LUXATIONS SCAPDLOrHÜMÉRALES. 


— LuxATioN iNTEA-coEAcoïDiENNE ANCIENNE. — PiècB'tfouvée sUr le cadavrc d'un vléillard, sans renseignements 


Fig. 1, 2 et 
antérieurs. 

Là fig, I montre la tête en rapport avec l’omoplate et recouverte de. saillies osseuses anormales, l’apophyse coracoïde 
plongeant sur la coulisse bicipitale ; le trochiter fortement hypertrophié,.:On aperçoit, fig. 2, là nouVèlle surface articulaire, 
creusée sur le cOl de romoplàte, et se prolongeant vèrslà fosse sous-scapulaire où elle était constituée par un plateau osseux 
épais de près de 2 eenfimètres. Enfin, la 3 représènte la tête aplatie a sa partie postérieure , eômme si un fragment en 
eût été séparé par la scie, et une gouttière si profonde entre elle et le trôcËiter qu’on ponvàït se demander si celni-ei 
n en avait pas étéfrétâché par une fractüre. Vpir d^îlieurs une deseriptionplus étendue de eettè pièce, t. H, p. 515. 

Fig. 4. — Luxation sous-coKAcotDiENHE. ANc.iE.NNE AVEC FEACTUEE DE LA cAViTé GLÉNOÏDE, —Pièce trouvée sur le cadavre, sans 
renseignementsantérieurs. J’aidêjàdpnnéquelquesdétailaàee.snjet,t.H,p.. 550;.mèis ils demandent à être complétésïei, 
La figure montre, seulement la nouvelle cavité et ce qui reste de l’ancienne. A gauche et en haut se'yqit le long tendon 
duhièeps qui était resté dans sa .gaine humérâle/ét au-dessous du tendon la face interne de la capsulé parsemée de débris 
de cartilage, comme.si la.fracfnr.e;eût.été toute récente. Plus à droite s’aperçoit la portion restante de la Cavité, tapissée 
encore de son cartilage ; sa laTgeur est de 16 millimètres, èn sorte que la fracture en a détaché environ 10 tiers antérieur. 

. Cette fracture apparaît nette sur lehoïd du cartilage comme si elle était de la veille; on voit même eh' bas un petit fragment 
de cartilàge.qui frétait en aucune façoç réuni. La facette a est taillée à pic ,'et forme un an|le droit avèé la cavité glénoïde; 
cest la surface delà.fractufé-à peBié adoiigè par Tusure, et sans .vestigè de tissu fibreux; à sa limite interne on reconnaît 
1 écorce compacte dû col dé romopktè. Plus à droite, enfin, est ufié autre faeettéfr, supportée parunpiateau osseux qui paraît 
résulter de la sou.dure du fragment détaché surle col de l’Omoplate ; cette facette est tapissée d’iih tissu mon, mais quine rap¬ 
pelle pas le cartilage articulaire; cependant elle est formée, an moins en partie, par.la.suifaeearticuiaire dn fragment détaché, 
et ce qui ne perfoet pas le donteà cet égard, e’est le prolongement,.sur sa limite interne et inféneure, du bôufrèlefglénôïaien c, 
qui disparait seulement vers le haut, et qui, en bas surtout, se eontihüe sans trace de rnptûre âvéc la-capsule synoviale. 

.L apophyse coracoïde est rompue vers son sommet; les fragments sont retenus par deslieiis fibreux extérieurs; maiseh- 

treles surfaces fracturées on ne voitpas la moindre tracé de-réunion. 

La tête humérale offrait un aplatissement très-marqué dans la.partie qui répondait à la surface fracturée du col scapulaire ; et 
làaussileeartüageavaitdisparupourlaisserpresqneabsolumentànuletissu osseux. Aucontraire, dans les points en rapport 
avec a facette i et avec la capsule, la tête avait gardé sa forme, son cartilage et son poli, absolument comme à l’état normal. 

Fig 5 et 6. -Luxation sous-ACEOMiALE,sicENTE avec aehaghement du teochitee. - Pièce déposée au Musée Dupuytren par 
M. Maisonneuve, qui l’avait présentée auparavant à la Société de chirurgie, le 13,dGtobre 1852. 

.-Le sujet était un carrier, tombé d’une hauteur de 30 pieds .'environ. La luxation fut réduite,; mais d’autres lésions plus 
ç'aves emportèrent leblessé en quelques heures. La capsule était déchirée dans sa partie supérieure, externe et posté¬ 
rieure ; le trochiter.entièrement arraché, et entraîné par les tendons dès.muscles'sus-épineux et sons-épinenx au-dessous de 
la voûte aeromio-clavieulaire. II était en même temps divisé en deux, et le figment postérieur très-petit comprenait une pe¬ 
tite portion de 1,’ïnsertion du sous-épineux. Les muscles petit rond et sôüs-scàpulaire avaient conservé.leur insertion humé¬ 
rale; le long tendon duiiceps avait déchiré la gaine fibreuse qui lé retient dans sa coulisse; le nerf circonflexe était intact 
ainsi que fo deltoïde, ' ’ 


La ûg. 5 montre la luxation reproduite, et la tête humérale éloignée de sa cavité, autant que le permettent les portions 
antérieure et inférieure de la capsule demeurées intactes; on voit que la tête repose juste sousl’angle postérieur de l'a- 
cromion, et sans nul point de contact avec l’épine de l’omoplate. Hle n’appuie non plus nullement sur le col de l’os, mais 
bien sur le rebord de la cavité glénolde; etplus en arrière, elle est en contact avec le bord externe du muscle sous-épineux 
qu'ebe a légèrement refoulé. Dans cette position, environ les deux tiers de sa calotte articulaire sont en dehors de cette ca¬ 
vité , l’autre tiers la regardant encore; et c’est bien manifestement une luxation incomplète. On volt aussi qu’elle avait écarté 
le petit rond et le sous-épineux.- 

La fig. 6 représente la luxation réduite, l’humérus pendant le long du corps. Le trocbiter, entraîné par ses muscles, reste 
éloigné de plus de 3, centimètres, de son point d’arrachement. M. Maisonneuve avait fait voir, et j’ai vériSé sur la pièce 
qu’en élevant le bras à angle droit on ramène les fragments en contact. Toutefois, pour y réussir complètement, il fallait 
porter le bras un pen en arrière, sans quoi il restait un bâillement assez notable entre l’os et le fragment postérieur du tro- 
chiter. Voyez f. II, p. 537 ét 543. 


PLANCHE XXIII. 

LUXATIONS DE L’HDMÉRDS ET DU COUDE. 

Fis. 1 et 2. — Luxation intea-goeacoïdienne ancienne, avec ascension co.nségotive de la tête hdsiérale. 

Vincenot, vieillard de 74 ans, mourut dans mon service, le 3 janvier 1842, d’une affection de la prostate. Vers Tâge de 
35 à 40 ans, dans une attaque d’épilepsie, il était tombé de son siège, et dit avoir eu le bras droit luxé, n n’en continua pas 
moins à travailler, ét prétend qu’on ne sentait aucune grosseur.dansl’aisselle, ce qui laisse quelque doute sur la nature de 
la première lésion. Maisà 70 ans, nouvelle chute, dans laquelle l’épaule droite heurta le marchepied d’un cabriolet ; et, cette 
fois, on constata dans le creux de l’aisselle la saillie de la tête humérale ; mais les médecins jugèrent la luxation ancienne et 
Défirent rien pour la réduire. Cependant, à la suite, l’épaule étant devenue le siège de douleurs persistantes, pour les faire 
cesser, il faisait exécuter au bras lès mouvements de circumduetion les plus étendus qu’il pouvait. Il racontait que, dans le 
principe, ces mouvements faisaient saillir plus fortement la tête luxée dans l’aisselle, et que plus tard cette saillie disparut 
entièrement. A force de mouvoir ainsi le bras, il fut bientôt en état de bêcher, dè scier du bois, etc. ; il élevait le bras en dehors 
, horizontalement, le portait en arrière, arrivait même en avant à embrasser de la main Tépauleopposée.; seulement le coude 
ne se rapprochait du tronc qu’à la distance de 6 centimètres. Les muscles étaient aussi développés sur ce bras que sur l’autre. 

La fig. 1 montre les os luxés, la tête humérale remontée presque au contact de la clavicule, l’apophyse eoronolde appuyant 
sur cette tête en dehors de la gouttière bicipitale, dans laquelle le long tendon du biceps a contracté des adhérences. La moi¬ 
tié supérieure de la cavité glénolde apparaît videj mais elle était recouverte par une membrane fibreuse d’un blanc nacré 
adhérant à la cavité même, dont la synoviale avait disparu. Enfin, la moitié inférieure de cette cavité est cachée par un noyau 
osseux considérable, mobile, auquel se rendaient les tendons du sous-épineux et du petit rond, et qui, en conséquence, n’est 
autre que le trocbiter séparé de Los. 

La fig. 2 montre la tête défprmée, privée de son cartilage; la nonvelle cavité creusée sur le col de l’omoplate et la fosse 
sous-scapulaire, complétée toutefois par un plateau osseux à sa partie inférieure et interne. En haut cette cavité remontegüs- 
qu’à Ta racine de l’apophyse coracoïde, qui a même été aplatie par la pression ; en bas elle descend notablement au-dessous 
de la cavité glénolde; lorsqu’on levait le bras, la tête descendait sur sa nouvelle cavité jusqu’à 3 centimètres au-dessous de 
la clavicule. Du reste, il faut ajouter que ce mouvement n’amenait pas Tbumérus à la position horizontale; le surplus de 
l’élévation était opéré par l’omoplate ét la clavicule. Voir pour d’autres détails, t. 0, p. 46, 47 et 515. 

Fig. 3, 4 et 5. — Luxation incoüitlête du coude en aeeiéee. —Pièce, recueillie sur le cadavre, sans renseignements antérieurs. 

La fig. 3 montre le coude vu par son côté externe, Tolécranè saillant en arrière, mais sa pointe demeurant au niveau du 
condyle externe ; celui-ci creusé par la tête du radius, dont là position atteste clairement une luxation incomplète ; et en avant 
une stalactite énorme qui s’élève de la partie antérieure du cubitus, et que Ton voit mieux encore par sa face interne,/îp. 5. 

La fig. 4 représente la face postérieure de l’humérus; et, malgré la pression exercée sur Tosparle bec coronoidien, on voit 
que celui-ci ne remontait pas dans la cavité olécranienne. La fiij. 5 montre la nouvelle cavité sigmoïde creusée en avant de 
l’ancienne, ce qui pourrait faire croire que le cubitus avait été complètement luxé en arrière, si Ton ne remarquait que l’apo¬ 
physe coronoïde n’est plus à sa place normale, mais a été fortement repoussée vers l’olécrane pat la pression. Je noterai que 
sur cette pièce la pointe, de l’olécrane était exactement à k même distance de l’épicondyle et deïépitrochlée; et j’ai pris soin 
de marquer cette pointe en .a, fig. 3, pour qu’on ne la confonde pas avec le bec de l’olécrane, situé beaucoup plus haut, 
h. 'Voye-i t. II, p. 583. 


LUXATIONS Du COUDE ET DE L’EXTRÉ.MITÉ SDPÉRIEUBE DU RADIUS. 


Le coude est vu par sa face externe,, sauf le radius qui manque. La fig. 1 montre les os dans la flexion la plus complète 
possÆle; Téxtension était libre et allait mêmé un peu plus loin qua l’état normal. L’olécrane, rejeté à-S centimètres en 
arriéré de sa position normale, regagne le'bord postérieur de l’os en faisant un coude anguleux d’environ t35”; mais si 
de la pointe de l’apophyse coronoïde on abaisse une ligne perpendiculaire sur l’axe de Tos, .on reeonpait. 'que le sommet 
de 1 olecrane est toujours à plus de 1 centimètre au-dessus, et qu’ainsi il a été jeté en arrière sans remonter ni des- 



EXPLICATION DES PLANCHES, 


cendre. La fracture, autant qu’on peut en juger, à divisé la moitié externe de l’échancrure olécranienne par le milieu, sé¬ 
parant exactement ses deux surfaces articulaires; mais dans la moitié interne elle a divisé obliquement l’apophyse coronoîde, 
dont le fiers interne environ est resté avec l’olécrane et l’a suivi en bas et en arrière. Delà elle s’est dirigée obliquement en bas 
et en arrière jusqu’après de 1 centimètre au-dessous de la facette radiale du cubitus, et l’écartement de l’olécrane a creusé 
une'cavité sigmoïde nouvelle, placée à près de 2 centimètres plus bas que l’ancienne, d’ailleurs beaucoup plus profondeet 
plus large, eCtîàns laquelle se trouve en quelque sorte ensevelie la poulie humérale; Ce qui explique pourquoi les mouve¬ 
ments sont siltornés. Quant àla portion détachée de l’apophyse coronoîde, elle se trouve portée un peu plus en dedans que 
dans-l’état normal, dépassant et embrassant le bord interne de la poube humérale ; et la totabté de l’oléerane paraît par 
suite jetée à quelques millimètres plus eu dedans que dans l’état normaL 
L’humérus a donc reculé en arrière et en bas, et le cubitus est luxé en avant et en haut. Le radius manqué, mais évidèin- 
ment il avait participé.à. la luxation ; car, d’une part, le condyle huméral est en partie recouvert par le rebord externe de 
lanoüvellecavité iigmpïde; et de plus le condÿe a gardé sa forme etperdu son cartilage, tandis que’la facette radiale du 
cubitus a gardé le sien. Il semble même que le radius était porte un peu plus en avant que le cubitus, en sorte qu’avec la 
luxation en avâiit^i’àjrànt-bras avait subi ünçertajn degré-de rotation en dedans. Heste à étudier la dernière conséquence, 
La facette artidnlaire de l’oléerane, se troüvantén rapport-avecla poulie bumerale, a gardé sa forme et son cartilage. La 
facette antérieure de la cavité sigmoïde a’ek ici en rapport avec rien j et'cependant n’est nullement altérée; je présume qu’il 
■ y avait entre elle et TËumérus quelque amas de matière cartilâgineuseq'u quelque os sésamoïde qui aiita été emporté par la 
macération ; et son bord postérieur même, en contact direct avec Ithumérus, a suscité la formation de deux petites facettes 
éburnées et saillantesi Quant à là tête du radius,-pour la rejoindre, il s’est élevé de la face antérieure de Tiumérus .une apo¬ 
physe de formàtiott nouvelle, -d’unhonbentimètre de saillie, plus étroite même à son pédicule qu’à son sommet, lequel s’élar- 
■ gît pour offrir line plus large éui'faceiàftiçulàire àlaAlie radiale. Voir t. Il, p. 683.; — c’est par erreur qu'en cet endroit 
, j’ai dit quê'qetté excroissance osseiisé répondait à l’apophyse çoronôîde, . ' 

Fié. S-'^ LuxATioît BfcoiapLÉiE DË l’avaî(t-éeas EN AEKiÉRE ËT EN nEDANS:(MBs^ ètrüvîiiEN,'u” TSLj.—^ Lâ pièce, réncoutrée 
sur le cadavre d’une femme de 30 à 40 ans, avait d’abord: été présentée jap M-. Banielin à h Société anatomique, et a été 
décrite dans les Bulletins de cette Société,, 1838, p. 268. V , ' 

SelonM. Hamelin, c’était une luxation en cCrrière de l’avant-bras, complété pour le.radius, incomplète pour le epbitus. 
Cela n’est pas suffisamment exact. Le cubitus est en effet luxé incomplètement en arrière, et son apophyse coronoîde s’a¬ 
perçoit presque tout entière au-dessous de la poulie humérale. Elle est comme usée et émoussée, etsa surface antérieure est 
devenue articulaire, ce qui est fort opposé à ce que nous ont montré les figures 3 et 5 de là planche XYIII ; mais c’est qu’ici 
l’artieulation avait recouvré des mouvements étendus ; et la longue stalactite, soudée en avant du cubitus dans l’autre pièce, 
en était séparée ici et représentée par une plaque osseuse, isolée, large, aplatie, jouant librement sur la partie antérieure de 
la poulie humérale. La gorge de la poulie et la petite tête de l’humérus sont rugueuses ; et la cavité olécranienne est remplie 
par de la graisse et du tissu fibreux. 

• Mais lè cubitus est en même temps luxé en dedans. La figure représente en d le rebord interne de la poulie ; le eubituslà 
dépasse en dedans de 8 millimètres environ, si bien qii’une sorte d’os sésamoïde s’est développée c, au défaut de l’humérus, 
pour fournir un nouveau point d’appui à la portion excédante de la cavité sigmoïde. L’oléerane est encore plus rapp.roché 
de l’épitrochlée b; en sorte que le cubitus a subi un léger mouvement de rotation et d’inclinaison qui. .devait porter en de- 
bçrs.son extrépàité inférieure ; et en effet, sur la pièce même, on reconnaît que le coude devait offrir, un angle saillant en 
-idê^âns plus prononcé qu’à l’élat normal.,. 

Le noterai enfin, d’après M. Hamelin, que les deux plaques osseuses-antérieures donnaient attache à des fibres muscu¬ 
laires du brachial antérieur; en sorte que ce muscle était devenu trifide à son extrémité, ayant, outre .eette double inser¬ 
tion, son tendon normal qui allait s’insérer comme de coutume à la base del’apopbyse coronoîde. 

Quant au radins, il est porté un peu plus en arrière que Iê:Cubitus,.mais,non.encore d’une-manière,complète; aiosi il 
s’est creusé une cavilé'à la faee postérieure du çondyle huméral, laquelle à. été complétée par un os sésamoïde situé en 
dehors et en arrière. La portion du condyle restée en avant de. la tête radiale-a une épaisseur de 11 millimètres, et est re¬ 
découverte par une plaque osseuse mobile qu’on voit sur la figure. De plus, le radius a suivi en dedans le cubitus; et la figure, 

. très-exacte, montre bien qu’il a empiété sur la trochlée humérale.Noir t. U, p, 624. 

G. 4. — Luxation INCOMPLÈTE de l’avant-bras en deuoks (musée dupdîteen, n“ 735). — Pièce donnée par M. Pou- 
mey à la Société anatomique. Le cubitus, jeté tout à fait en dehors de la poulie-buméraie,alâissé libre la cavité oléèrâniennè, 
qui parait plus étendue en hauteur, parce qu’elle est rétrécie en largeiir. La poulie tfest pas absoluméüt libre ;.elle.était 
occupée par un os sésamoïde assez considérable, que l’on ne peut voir qù’en raccourci sur le dessin, et qui offre un dos 
d’âne articulaire pour s’accommoder à la gorge de la poulie. Celle-ci est cependant également rétrécie, et enfin l’épitrochlée 
presque atrophiée ladépasseà peine en dedans dé 1 Centimètre. L’oléerane, hypertrophié ét offrant au moins 3 centimètres dé 
largeur, est en rapport avec i " ’ ’’ ” ” ... - .. 









pas sensiblement déformée ; seulement la cupule, au lieu d’offrir une dépression uniforme, présente à son centre une saillie 
osseuse arrondie, indice d’un accroissement de l’os en hauteur là où il n’était pas comprimé par l’humérus. 

En résumé, le cubitus a été jeté en dehors sur la rainure qui sépare le condyle de la trochlée, et porté en même temps 
dans la rotation en dedans, de telle sorte que son bord externe regarde directement en haut. Le radius, suivant ce mouve¬ 
ment, a été jeté en dehors et en.haut, de telle sorte que sonbordinterneregarde presque directement en bas; ces deux os 
sont vus très-obliquement sur le dessin qui n’a pu retracer toutes ces circonstances, et qui cependant montre assez bien le 
radius superposé au cubitus, au lieu d’être à son côté externe. Le rapport des trois os est tel qu’en appuyant le radius et le 
cubitus ensemble sur un plan horizontal, l’humérus, au lieu d’être perpendiculaire, se porte horizontalement à gauche, et 
que si l’on met l’humérus vertical, le cubitus seul touche la table et le radius est placé presque directement au-dessus. Voir 
t. II, p.609. 

Fig. 5. — Luxatio.v nu radius gauche en avant (musée dïïpuvtren, n° 733). — Pièce offerte par M. Prestat à la So¬ 
ciété anatomique (SuHctins, 1837, p. 37). Le coude est vu par sa face externe. La tête du radius, portée en avantet en dedans, 
répond au bord interne de l’apophyse coronbïde, et sa partie la plus supérieure se trouve au niveau du bec çoronoïdien. 
Cette tête est d’ailleurs très-altéréedans sa forme, légèrement conique avec sa base refoulée en manière dé champignon ; dans 
la flexion elle allait heurter contre unedépression très-visible, creusée sur lafaee externe de l’humérus. La flexion était ainsi 
limitée, et l’apophyse eoronoïde n’arrivait plus à sa petite cavité antérieure. Le col du radius est entouré par Un ligament 
que -M. Cruveilhierayaif pris pour le ligament annulaire allongé, ce qui lui avait fait révoquer en doute l’origine traumatique 
de la luxation.. II n’y â plus de traces de la surface articulaire du condyle huméral. Enfin, le. cubitus avait subi un mouve¬ 
ment d’inclinaison en dehors, comme s’il eût été attiré dans ce sens par les muscles de l’épicondyle, de telle sorte que le bord 
. interne de l’apophyse eoronoïde déborde un peu en dedans le bord de la.poulie, et que l’avant-bras formait avec l’humérus 
un angle ouvert en dehors d’environ 135 degrés. C’est sans doute cette inclinaison du cubitus qui a favorisé l’ascension 
de la tête radiale'; car les rapports des deux os à leur extrémité earpienne ne paraissaient nullement altérés. Soiis l’épi- 
troehlée, il y avait uhassez gros os sésamoïde qu’on ne saurait voir sur notre dessin. Voyez t. II, p. 658; 

Fig. 6. — Luxation du radius en dehors. — Pièce communiquée par M. Nélaton, qui l’a décrite dans sa jPathologic chirwr- 

giade, t. II, p. 400. La poulie a acquis une largeur extraordinaire aux dépens du condyle ; le radius luxé en dehors depuis 
l’enfance s’est allongé par en haut. Voir t. II, p. 669. 


LUXATIONS DU RADIUS, DU POIGNET ET DES DOIGTS. 


>^'CS EN ARRIÈRE AVEC SOUDURE DES DEUX OS DE l’avant-bras. - Piêcc Communiquée par 
M. Verneuil, qui en a donné une description étendue, Vnion médicale, 1852, p. 422. La tête radiale déformée s’est allongée 
en haut et en arrière. Voir d’ailleurs, t. II, p. 680. 

Fig. 2 et 3. — Luxation du cubitus en avant du poignet, avec fracture de l’extrémité inférieure du radius — Pièce 
communiquée par M. Lenoir. Sur le vivant et sur le plâtre moulé avant la dissection, le poignet offrait presque tous les ca'rüe- 
teres de la luxaüon du carpe en arrière ; seulement on aurait trouvéla longueur ducarpeet du métacarpe réunis plùs cbh- 
siderable que sur la mam saine, et Ton n’eût pas senti les apophyses styloïdes en avant. ' ' 

_ La fig. 1 montre le poignet par sa face interne ; la fig. 2 par sa face antérieure. Les os de Tavant-bras sont en supina¬ 
tion et projetés en avant et en dehors, le carpe conséquemment porté en arrière et eu dedans. L’apophyse styloïde du cubi¬ 
tus arrachée se voit en haut eten arrière; le cubitus.lui-même, séparé à la fois des os du carpe et de la cavité sigmoïde du 
radius, est descendu au-dessous de son niveau normal, comme on peut en juger par la saillie de Tos pisiforme- nrobahle 
ment il aura été arrêté par le ligament annulaire du carpe. Le radius a été fracturé à son extrémité inférieure - mais celle' ' 
a été comme écrasée et broyée en pièces; ainsi Ton aperçoit d’abord, fig. 2, une fracture verticale qui divise sa facette si» 
moide, une autre qui a détaché un fragment de sa face postérieure ; d-’autres que Ton ne peut voir ont produit deux autres ' 
fragments, dont 1 un comprend l’apophyse styloïde ; et le tissu spongieux est écrasé, de sorte qu’en rejoi-naut tous ces frs» 
ments, onne retrouverait pas l’épaisseur de Tos. La diaphyse elle-même a eu une large esquille, fig. s'séparée L sntcê 
postérieure et jetée sur son côté interne. Lestendons.des fléchisseurs étaient violemment sLevés ; aussi L muscles il la 
faceanténeure de Tavànt-bras faisaient sous la peau une saillie qui est restée sensible sur le plâtre même. V^Î t if 


Fig. 4. _ Luxation du poignet en-avant, due prob.ablement a la rétraction de brides-cicatricieÉles fMusÉF 

TREN). -- On n a -malheureusement aucun renseignement sur cette pièce. Le radius porte des traces de fracture e't 
t"ll 7 scaplioïde et le semi-lunaire luxés en avant Noyt 

Fig. 5, 6 et 7. - Luxation du poignet gauche en avant, due probablement a la rétraction musculaire h ' 
puyteen, n» 736 b.). — La pfèee entière comprend une partie de l’humérus, Tavant-bras et la main La f H 
poignet et la main par la face externe, et permet de juger les rapports nouveaux entre le radius et le êarne dont 
soudés de ce côté. La fig. 6 représente la face antérieure des os de Tavant-bras, qui sont soudés eux-mêmes et pT' 
facette correspondante des OS du carpe. ■ ? 

Malheureusement on n’a pas de renseignements surcetteluxation, que.quelqnes-uns onterue co'nGémale t , i„ 
premières phalanges (eelledu médius dépasse 4 centimètres), lasolidité de la diaphyse humérale et laionêtion 


premières phalanges (eelledu médiui 
épiphyses semblent attester que le snj 


(eelledu médius dépasse4 centimètres), lasolidy de^’^ph 

tester que le sujet avait dépassé l’adolescence; mais alors on estfrapnédeTafrcnl;» pu ° 



EXPLICATION DES PLANCHES. 


surtout des os de ràTant-brâs. Le cubitus u’a pas plus de 20 centimètres en droite ligne du sommet de l’olécrane à l’apo- 
pbyse styloïde; le radins a 18 centimètres et demi, et le contour de sa diaphyseauprès du poignet n’atteint pas 3 centimètres. 

L’avant-bras est dans la prpnation la plus complète, et la main relevée à angle droit eu arrière, de telle sorte que sa face 
palmaire regarde l’olécrane. Il n’y a pas eu de fracture, car les apophyses styloldes du radius et du cubitus sont intactes et dans 
leurs rapports normaux ; la face postérieure du radius est bien conformée, sauf une profondeur plus marquée des gouttières 
tendineuses 5 mais la facette artictdaire inférieure manque absolument ; on dirait qu’elle a été refoulée comme une cire molle, 
sur la face antérieure de l’os, fig. 6. Le cubitus a également diminué d’épaisseur ; il en est de même des os de la première 
rangée du carpe, surtout pour le scaphoïde et le semi-lûnaire qui répondent au, radius, én sorte qu’on dirait que la pression 
a été plus forte du côté duradius que du côté du cubitus. Les os de la deuxième rangée, à part leur soudure avec les autres. 

Ajouterai que l’avant-bras est fléchi à angle droit sur le bras, et que la troeblée humérale a été tellement creusée soüs la , 
pression du cubitus qu’elle en est toute déformée. L’olécrane très-hypertrophié'eü ayant n’aurait pu entrer dans la cavité 
correspondante, en sorte que par cette seule déformation l’extension eût été impossible sur le vivant. 

f POUCE EN ARRIÈRE, PRODUITE SUR LE CADAVRE. —^ Ou voit Saillir en avant la tête niéta- 
tit abducteur et une portion du court fléchisseur en dehors, l’autreportion de ce muscle, le 
tendondulong fléchisseurelTadducteurendedans.Yoirt. II, p. 733et734. . 

Fig. 9. — Luxation dé la phalangette en arrière sans rupture des ligasients latéraux, produite sur lé cadavre.— 

■ Voir t. II, p. 760. - 


hG. 8. — Luxation complète d 


PLANCHE XXVI. 

LUXATION lUAQBE. COMPLÈTE DD FÉMUR. 

Ghambard, âgé de 38 ans, travaillait à genoux au fond d’une can-ière, le genou gauche en arrière du genou droit, quand une 
pierre-énorme, dont il évalue le poids à l,200,]ivres, se détacha d’une hauteur de 7 à 8 pieds, et , lui tombant sur, le dos 
au niveau du bord supérieur du bassin, renversa le tronc en, avant, avec une flexion forcée des cuisses et des jambes. On 
l’appôiîta sur-le-ehamp à la Pitié, où l’on diagnostiqua Une luxation en haut et en arrière; Le lendemain, Lisfrane essaya de 
la réduire, ,soit par lé procédé de M. Desprez, soit par l'extension dans la direction du.memhre, en faisant tirer par huit 
aides, soit par des tractions sur la cuisse demi-fléehie; durant ces tractions, on sentait la tête descendre vers sa cavité, 
mais lé mouvemènt de rotation destiné à l’y faire rentrer la faisait rêiflonter immédiatement, en perdant tout ce qu’on avait 
gagné. Après une heure environ d’eiïorts vainement répétés. Je sujet fut pris de sueur, froide avec stupeur; le pouls était 
tombé à 50 pulsations. On le reporta dans son lit, et la réaction ne s’opéra que cinq heures après. Une inflammation sup-- 
purative s’empara de la hanche, et le blessé succomba le onzième jour. 

Je présidai à la dissection, et j’eus soin d’abord, en plaçant le cadavre sur le ventre, de garder au membre luxé la posi¬ 
tion qü’il affectait pendant la vie; puis, à.mesure qu’apparaissaient la tête fémorale et les autres saillies du bassin, je con- 
Vèt^ais leurs rapports respectifs à l’aide, de mensurations multipliées, afln de les retrouver après l’ablation de la pièce, 

■ précaution sans laquelle on peut porter la tête déplacée plus haut, plus bas, plus en avant, plus en arrière, et mettre une luxa- 
. tien fantastique à la place dé la luxation réelle. Encore le dessinateur n’a-t-il pas su conserver constamment ces rapports; 
et suria^g. 2, par exemple, la tête est ün peu trop élevée et un peu trop écartée en dehors delà giànde échancrureseia- 
tique/J’âi donné la distance exacte, t. II, p. 817. r ; 

La /?p. 1 représente la tête après Tablation du grand fessier, qui la recDuvrait..ElIe a refoulé en haut le moyen fessier, et 
-appuie en partie sur l’os, comme dans la/g.-2, en partie sur le muscle pyramidal et le bord inférieur du moyen fessier. 
L’obturateiir interne passe entre le col et l’os iliaque, 1 et 2. On aperçoit, 1, robturafeur. externe rompu. La cap- 
suie est ouverte directement,èn bas, fig. 3, et complètement,jh,tacte en haut et en arrière; en sorte que ,la tête, sortie di- 
rectemëht-eh, bas, était remontée én arrière fort loin deTpnverture qui lui avait livré passage. Dans l’extension directe, on 
ia ramenait iien vis^à^vis sa cavité; mais les 2 et ,3 montrent quel obstacle invincible elle, rencontrait alors, c’est- 
à-dire là capsule tendue comme un rideau sur la cavité même. Pour la réduire sur le cadavre, il me fallut plier la cuisse 
presque j usqU’àu contact de l’abdomen. Voyez t. n, p. 829, 


PLANCHE XXVII. 

LUXATIONS DD [FÉMUR. 

Fig. 1, 2 ET 3. — Luxation iLio-ruBiENNE invétérée et devenue complète (mdséeïupuytren, n° 754). — Pièce donnée par 
- M. Gély, deNantes, qui en a publié la description {Bulletins de la Société anatomique,'ISiü, p. 303). 

Cette pièce provient d’un aliéné, dont la luxation ne, fut d'ailleurs reConnuè qu’à l’àütopsie. On manque dônç. de rensei¬ 
gnements antérieurs. Seulement la lésion est évidemment fort ancienne,.' 

La fig. i montre le grand trochanter, largement hypertrophié, appliqué sur la cavité cotyloïde, dont il laisse à peine aper¬ 
cevoir une forte petite portion en bas et en arrière. Le col du fémur appuie sur l’échancrure ilio-pubiennè, et semble même 
empiéter sür le pubis. Mais sur la fig. 2, qui montre l’os iliaque et laïàcette formée sur l’échancrure ilio-pubienue, on voit 
que cette facette ne touche pas même l’éminence iléo-pectinée. La tête fémorale est entièrement située au-dessus du rebord 
cotyloïdien, et dépasse même de près de 1 centimètre en haut une ligne tirée de l’épine iliaque supérieure au pubis; elle est 
adossée à l’épine iliaque inférieure et à une stalactite osseuse qui, s’est élevée au-dessus et en arrière de cette apophyse. Elle 


2g explication DES PLANCHES. ■ 

est fortement aflongée per en haut; et, par exemple, le raecoupcissement da membre étant de 34 millimètres, du centre de 
. la cavité cotyloïdeau centre de la tête déplacée, la distance était de 50 millimétrés; on voit dailleurs, fig. 1 et 3, com¬ 
bien le col du fémur s’est aUongé; mais, chose remarquable, la tête avait subi une atrophie considérable, aussi bien que le 
petit trochanter, ce qui contraste avec l’hypertrophie de l’autre. Le grand trochanter, au lieu de se replier en arrière, est 
évasé en-dehors et tellement écarté de la tête qu’une ligne verticale, prolongeant l’axe de la diaphyse fémorale, laisse en 
dehors une saiUie à peu près égale à celle que forme la tête: en.dedans. Sur la tête même s’était implantée une- stalactite 

osseuse qu’on voit parfaitement i et 3. Noyez t.. n,. p. 850. 

Fie. 4 ET 5. -Lu^TioN;scHio-puBiEiirà INCOMPLÈTE (musée büpüyTEEN, n« 75'!). ---Pièce présentée par M. Stanski à la Société 
anatomique, AuBetîUS, 183Ï, p. 296. J’ai reproduit les détails qu’il avait donnés, t. II, p. 856 et 861. Mais la pièce demande 
- Une étude particulière. ■ . 

: ' ’ , -La/%. 4 représente le bassin un peu de; côté, l’ischion porté en arrière, à peu près co,mme dans l’état naturel, la luxation 
- vue particulièrement par sa face antérieure et supérieure. On aperçoit d’abord, en haut et à gauche, une masse de.stalac- 
tites osseuses qui semblent- prolonger (eii bas l’épine iliaque inférieure, pour aller rejoindre la face interne du fémur, auquel 
. elles adhérent dans une étendue de 4 centimètres, en se repliant sur sa face antérieure et même en arrière pour aller re- ; 
joindre le grand trochanter. Plus enMedans sé' voit -l’orifice de la cavité cotyloîde, en partie barré par ces stalactites et 
d’autres ; mais la cavité est restée entière, aussi large et aussi profonde qu’à l’état normal. De l’éminence iléo-pectinée des¬ 
cend une nouvelle masse osseuse qui va se confondre avec la tête fémorale, et quienvoie en avant du col une sorte de col-; 
lier mince, découpé en dentelle, qui l’entoure sans, presque y adhérer. La A montre la partie inférieure dé ce collier, , 
allant se souder à l’ischion, entre le trou ovale et la tubérosité sciatique ; on y voit aussi d’autres stalactites minces, lés'unes 
descendant du bord externe et supérieur du trou ovale, les autres remontant de son bord interne et inférieur, et marchant 
à la rencontre les unes des autres, comme pour envelopper la portion interne de la têteluxée;-mais eette'enveloppe osseuse 
est demeurée incomplète. 

La position de la tête fémorale est surtout importante à noter. Elle ,est à 2 centimètres environ de l’éminence iléo-pec¬ 
tinée,, à 3 centimètres de . la tubérosité sciatique, fig. 5. Son rebord cartilagineux, dans la fig. 4, se trouve presque sur la 
même ligne perpendiculaire que l’éminence iléo-pectinée; et son sommet paraît arriver aü milieu de la largeur du trou ovale. 
C’est ïine illusion d’optique qiii vient- de la position dansdaquelle on a dessiné la pièce. Le trou ovale a 37 millimètres dans 
sa plus grande largéur, et la tête ne s’y avance pas en réalité à plus de 13 millimètres. Elle n’est donc pas, entièrement 
: sortie de l’aire delà cavité cotyloîde, et la luxation est incomplète. 

Si, en effet, on met la pièce bien en face, une perpendiculaire tombant de l’éminence iléo-pectinée laisse en dehors près 
de 1 centimètre de la portion cartilagineuse delà tête luxée; et d’ailleurs le doigt, porté dansla cavité, constate facilement- 
qu’une portion du cartilage regarde encore à l’intérieur. Le grand trochanter reste en bas et en même temps tout à fait en 
arrière de la cavité cotyloîde. Ce qui est également inconciliable avec une luxation complète. Enfin, la tête ne touche le 
rebord eotyloïdien que par deux points, en haut et en bas; la pièce ayant été macérée, le bourrelet fibreux a disparu, et il 
reste un espace -vide entre la tête et le fond de l’échancrure eotyloïdienne. 

La fig. 5 a été prise le bassin renversé en arrière et la tubérosité sciatique débordant en avant le plan du pubis, afin de 
montrer les rapports de la tête avec cette tubérosité et avec la portion inférieure du trou ovale. On voit ainsi parfaitement 
la majeure partie du trou ovale, èt notamment le contour de son tiers inférieur. Le bassin n’est pas tout à fait de face, mais 
-vu un peu de gauche à droite; aussi le rebord de la portion cartilagineuse delà tête paraît-il beaucoup trop en dedans de 
l’éminence iléo-pectinée. L’inclinaison du fémur eh haut, bien que l’ankylose ne lui permette pas de changer ses rapports 
avec l’ès iliaque, tient à la position renversée du bassin. 

Au total, il y a ici une luxation incomplète du fémur : la tête à cheval sur le bourrelet eotyloïdien, dans l’échancrure 
ischio-pubienne; le grand trochanter en dehors et en arrière delà cavité, répondant par son rebord supérieur à peu près à 
la gouttière obturatrice, son bord postérieur horizontal et sur le-même plan que la tubérosité sciatique; le petit trochanter 
regardant en avant et en bas, et à peu près aümême niveau que là tête du fémur; la ligne âpre regardant directement en 
bas, de telle sorte qu’il n’y avait de rotation ni d’un côté ni de l’aatre. La cuisse était fléchie à angle un peu aigu sur le bas¬ 
sin, et dans cette flexion dirigée presque directement en dehors. 


■LDXATIONS DD FÉMUR. 

!IG. 1 et 2. —Luxation pathologique du fémds dat.ant de la PEEujiaE enfance. — Cette pièce provient du nommé Pasquier, 
que Dupuytren avait observé en 1831, et qui portait une double luxation des fémurs, qu’il avait alors, dit-on, déclarée con- 
géniale. Voir Leçons m'aies de Dupuytren, 2' édit., 1.1"; p. 214. Pasquier, que je retrouvai à Bicêtre, où il mourut à l’âge de 
60 ans, m assura, au contraire, que sa. double luxation avait été déterminée, dans sa première enfance, par i’imprudenCe 
d’un jeune homme qui, le portant sur ses brqs, laissa le. troue et la tête aller à là renverse,, et, lé rattrapant d’une m n i n 
sous les reins, lui occasionna un choc violent sur; cette partie, tandis que les membres inférieurs pendaient de l’autre côté. 

Je me suis borné à faire représenter la luxation du fémur gauche. On voit d’abord que.la tête fémorale est atrophiée et 
déformée ; ellè était tout entière enveloppée dans sa capsule fortement allongée, et qui la séparàit.de l’os iliaque ; aussi n’y 
a-t-il pas de jilateau osseux; seulement l'os iliaque s’est déprimé sous la pression, fig. 2. Une dépression semblable existait 
sur 1 iliaque droiL -et l’on voit, fig. 1, la fosse iliaque interne droite bombée en dedans comme s’il s’a^ssait d’une feuille 
métallique repoussée au martéâu. j - - - ' 

J ai divisé cette capsule, fig. 2, pour montrer l’état dè la tête fémorale, et surtout le ligament rond encore persistant, 

mais si mince et si ténu, que le moindre choc eût suffi pour le rompre. ' 

La tête, soulevant sa capsule, était remontée beaucoup plus haut que danslesluxations traumatiques; elle jouait assez libre- 




EXPLICATION DES PLANCHES. 


n 

ment snr l’os ilia(jue pour descendre de 1 centimètre enriron sous l’effort d'une traction directe, et pour exécuter un mou¬ 
vement d’arc de cercle dans la flexion du fémur. Voyez d’ailleurs, t. H, p. 886, 894 et 895. 

Fig. 3 et 4.—Luxation iscmATiûDE (musée ddputteen, n° 755). — On ignore l’origine de' cette pièce ; seulement les os n ayant 
pas subi d’altération notable, la luxation ne devait pas être de bien vieille date. 

La fig. 3 tnontré.le bassin wu par-deyant, la cavité cotyloide recouverte par des débris de la capsule ancienne-; la tête 
fémorale projetée en bas et en arrière, le petit trochanter .regardant en bas et en dedans, la ligne âpre regardant directe¬ 
ment en bas;.iln’y avait donc pas de rofafion sensible; mais le fémur est dans une flexion très-prononcée, et porté enmême 
temps dans une adduction telle que le genou devait croiser la cuisse saine en avant. 

La fy. 4 montre les rapports de la tête en andèreÿmais il fautremarquer avant tout, que cette tête a un volume énorme; 
.C’éstpourquoi ellesemblej sur le dessin, tout en remontant de tdoifié au-dessus de l’épine sciatique, descendre beaucoup aussi 

sur la tubérosité,dumêménom; maissmlapièeeelle esttr'ès-loindê toucher à-çette tubérosité. .. 

PLANCHE XXIX. 

. 

Fis. 1. — Luxation C0NGÉ.NLü.E:iNcÔMPtiÊrÉ dp-féhoe. —Pièce communiquée parM. Verneuil, qoién;.a-donué la description, 

: ÇîîM» .médicale, .1854, p, fl3Ô, On voît îâ.téte à cheval sur.Ie bord cotyloïdien en haut et-en arriéré; soulevant la capsule 
, etitirant sur le ligament rond allongé.. Voyez-d’ailleurs, t. Il, P-889 et 892, , ; 

Fig. 2. —SnBtnxATipNDU GESon EN nEDANs; —îJn homme de 62 ans fut pri&dans upe, mécanique, èt; retiré dans un feL.état 
qu’il succomba, quelques minutes après son arrivée à rhôpifal. Il avait;.entre autres les deux genoux luxés d’une façon dif¬ 
férente; la jig. 2 représente le genOü-gauche subluké en dédansi avèc leligàment latéral interne rompu., et une large 
déchirure de la capsule du même côté. Voir t,IL P-947. ' 'ir':' - , 

Fig. 3. — Luxation complète du tibia en avant. —C’est le geuoii droitdhsujéf dont je .viens.,de parier. L’artieulation ouverte 
en dehors montre les nouveaux rapports du tibia, du fémur et de k'.iôtnle. Il convient de:nôter aussi que la, tète dd . 
, péroné est luxéeenavant. Voir-t. II, p. 938, 939. et 989. - 

Fig. 4. --- Luxation incomplète bu tibia en aeeièke (musée pupUrritEN, -n“ 759). ^— On n’a aucun renseignement sur cette 
pièce; seulement la luxation est fort ancienne, à en juger par l’espèce d’os sésamoïde en formé de coin, qui s’est développé' 
entré le tibia et le fémur au côté'externe. La portion antérieure de la poulie fémorale est r ugueuse et ne servait plus très- 
probablement aux mouvements de là rotule; la jambe était donc'fléchie à angle droit, sans pouvoir presque s’étendre da¬ 
vantage; C'est ainsi que le dessin la représente ; mais, pour bien juger des rapports de la rotule, il faut retourner ce dessin, 
(de manière à rendre lé fémur vertical,-Voyez d'aiilenrs, t. If, p. 942.et 943. 

Fig. 5. —Luxation pathologique du tieu en déhoes; A'Vec luxation complète be la rotule dans lé même sens^ (.musée dbputteen, 
n“ 760).--- Céltepièce vient de M. Fleury, qui a eônSigné l’observation, Archives gén. 3e méifeciîîe, 1837, t. XIV, p. 194. 

Une fille publique, âgée dé25’ans,,fat prise, lè 7 février 1837, à la suite d’un uiouvement brusqué imprimé à la jambe, 
deïdotileurs; violentes et eontinuesnü genou. Saignée, sangsues répétées,’vésieafoires, rien d’y fit ; lé'13 mars, la lu'xa- 
. tion avait eu lieu;,le 13 avrilon fit l’amputation, delà cuisse, âiaqùelle la malade suceoiiiha. ‘ 

Le tibia a subi lin .mouvement' de rotation en deborS ét eh arrière, tel que son epudyle externe est à nu eh arrière, sa tu¬ 
bérosité antérieure est recouverte par le eondyle externe du fémur, et son condyle ihterhe a .subi line rotation sur place. 

. ’ La rotule était appliquée .sur la fade extemê du eondyle fémoral, line partie des surfaces articulaires'était cariée; le 
ligament latéral externe éhprméinent . distendu, épaissi et ramolli; l’interhe, ah epntraire, tellement rétracté qu’il ne pré¬ 
sentait plus guère que là m.oitié de sa longueur. 

Eig. 6. —Luxation pathologique incomplète -de la hotule gauche, paæ belachement des ligaments. — Kèce communiquée par 
.si. Follin, qui l’ayait trouvée sur le cadavre, sans renseignements antérieurs. Dans l’exfensionla rotnle remontait sur le con¬ 
dyle externe; la figure la représente dans la flexion, écartée.düèondyle interne, etlaissant libre une partie de l’espace in- 
tereondylien ; la ponflé fémorale; paraît renversée en dedans, lé tendon TotuÙen passe en dehors du condyle externe. La 
capsule divisée ne laisse voir àuçune altération, sauf le rélâehement des'bgâments; ' . 

Fig. 7. - Luxation nuPEÉpjjÉ EN HAUT ET EN dehoesavec peagiuHè obuque du TiBL4:,--Cette,pièce m’a été donnée par 51. Léger, 

' qiii l’avait à’QUvée 4ur lènadavre. La fracture du tibia est oblique en bas et en dedans; elle s’est.eonsolidéë avèc un râccour- 
cissement de.'4 eenti'mètrès et demi, dû.principalement au chevauchement, et un peu aussi à Une forteinelinaison en dedans 
du fragmentinférieur, qui était telle que la plante du pied regardait en haut et en dedans. La tête du péroné remontait en 
dehors jusqu’au niveau de la tubérosité externe du fémur ; la flexion de la jambe était difficile. La facetté péronière du tibia 
avait presque entièrement perdu, son cartilage articulaire, qui persistait cependant sur la facette correspondante du péroné. 

PLANCHE XXX, 

LUXATIONS DES OS DD PIED. 

Fig. 1. — Luxation récente du tibia en dedans.— Cette pièce provient d’un homme qui succomba au bout de quelques jours. 
Laluxation était compliquée de plaie. On aperçoit eh outre une fracture multiple .de la partie inférieure du péroné et une 
fracture transversale de la malléole interne. Le reste de la malléole fait une saillie considérable en dedans â; aussi en arrièi’e. 


2g explication DES PLANCHES. 

la pointe du pied étant très-fortement tournée en déhors ; la plante du pied n’était pas sensiblement renversée. H faut noter 
aussi que, malgré la saillie de la malléole, le tibia est bien loin d’avoir complètement quitté l’astragale. 

Fig 2 — Luxatiom akcievne du tibia Ex ded.«s (kusée dupdytren, n" 705). — La luxation n’a pas été réduite ; le péroné 
s’est consolidé dans une position vicieuse, les deux fragments faisant en;dehors un angle rentrant, ce que Dupuytren ap- 
■ pelait le coup de hache ,il y'a eu soudure du tibia, du péroné.et de l’astragale. La plante du pied, autant qu’on peut en 
; juger, devait regarder à péu près directement en bas ; mais cela peut tenir au traitement. De même, la pointe du pieddevait 

- avoir gardé ou repris sa ditéetion naturelle. Je ferai remarquer ici, comme pour la figure precedente, que la. luxation est 

incomplète, une grandepartie du tibiareposaut encore sur Fastragale. ■ 

Fig. 3. — Luxation incomplète de l’astragale en dedans, et en av.int .(musée dupcytken, n” 762)..— Citait la prétendue 
luxation de l’astraealè sur le scaphoïde, que M. Roux essaya vaipement deréduire. L’autopsie,'.faite par M. Nélaton, montra 
l’astragalé luxé sur le scaphoïde etde’calcanéum.#ie:fois.: En.sA^ s’est porté en dedans ètuii peu en avant, 

de sorte què sa tète fepoSe spr la face interne du scaphoïde, la rainure de son col recevant le rebord tranchant de .la cavité 
scaphoïdienne. M. Nélaton a donné une description .Succinete de çette;pièèe, DaHetins de la Société anàfoiniqiie, l&Z^, p. 38, 
et j’en aireprodmtles trmtseSsentiels, t..U, p. lOiÔ;; è : . 

Fig. 4. —Luxation DOUBLE DE l’astragalè-En dehors du scaphoïde et no calc.inéü5i, et en avant du tibia. ^ La pièce esf 
'. .arrivée, entre mes mains sans aucun renseignement sur son origine ; seulement la soudure du tibia avec l’astragale et de 
Celui-ci avec le calcanéum accusait déjà une- date ancienne, et ceci était mieux atteste encore par l'état des os, huileux, ra- 
" ' mollis, friables à ce point que la pièce, placée dans un coffre avec d'autreS piècës ahatùmiques, a été écrasée, heureusement 
après que j’en avais fait prendre le, dessm. . (iè ramollissement excessif indiquait assez, si je ne me trompe, que. la marche 
. n’avait jamais pu se faire sur ce pied.. -, 

. Le dessin montre lè tibia et le péroné de face; presque.toute la ppulie articulaire dé l’astragalé projetée en avantdes deux 
-os, la tête de. l’astragaleluxée en haut et ên dehors sur le cuboïde; et plus en dehors et en arrière, s’aperçoit en a l’angle 
/externe ou abôudt en dehors sa grande facette calcanienne, laquelle déborde ainsi le calcanéum, quin’apparaît pas même 
.. sur ia figure.' Le pied est renversé de telle sorte que la plante regardé . en.dedans, et que le sujet eût marché sur son bord 
. externe comme dans le pied-bot varie le plus prononcé. 

Le ealeanéum, projeté en dedansdèd-astragale, avait son extrémité postérieure relevée en arrière, de manière à former 
un angle de 45 degi’és avec l’horizon ; en conséquence, ses tubérosités inférieures étaient écartées du sol d’environ 3 centi¬ 
mètres. Enfin, il avait subi un certain degré de torsion en dedans, tel que sa tubérosité interne était relevée de 1 centimètre 
è environ au-dessus du niveau de l’externe. , 

Il n’y avait eu de fracture ni d n péroné ni du tibia, et ces deux oS restés unis se trouvaient àpeuprèsàla distance ordi¬ 
naire du bord postérieur du calcanéum ; seulement le .péroné avait perdu.toute connexion avec cet os ; il fait conséquem¬ 
ment en dehors une très-forte saillie, qui était bien plus considérable encore quaud on regardaitla pièce par sa face posté- 
rieure. En effet, le tibia seul était en contact a-vee le dos du calcanéum par ses deux tiers internes ; son fiers externe, libre 
en dehors, accroissait d’autant la saillie du péroné. 

Fig. 5. — Luxation de l’astiligale par eentersemest en dehors. — Cette pièce est venue enti’e mes mains sans renseigne- 

- ments antériènrs.,La luxation était d’ailleurs d’assez vieille date, puisque l’astragale est sondé au calcanéum. L’état des os 
parait indiquer que là marche pouvait se faire sur ce pied ; mais lè sujet n’appuyait que sur le bord externe du pied, lè bord 
interne étant fortement relevé et les orteUs portés en. dedans, comme dans le pied-bot varus. Le dessin n’a pas pu rendre 
dette disposition, que j’ai négligée pour montrer mieux les rapporte de -l’astragale. Ajoutez que la fracture du péroné parait 
toute récenfè; et n’est assurément pas de la même date que la luxation. 

. Ce qui frappe d’abord, c’est la saillie de la tête astragalienne en avant et en dehors sur le cuboïde et le scaphoïde à la fois. 

Mais un déplacement plus curieux est celui dutorps de l’astragale ; sa poulie, renversée en dehors, répond presque entière¬ 
ment à la facetté interne du péroné, et la facette astragalienne interne se . trouve sous la mortaise tibiale. Le renversement 
n’est pas cependant fout à fait d’un quart de cercle.; car on aperçoit encore en dehors une portion de la facette externe de 
l’astragale à peine èn contact avec la pointe de là malléole péronière et regardant en bas et en dehors à la fois Vovèz 
t. II, p. 1062 et 1063. ' / 

Fig. 6. — Luxation no jiétatarse sur le tarse (musée dupuïtren, n» 764). — Pièce donnée par M. Mazet, qui a publié l’ob¬ 
servation, Bulletins de la Société anàlomique, 1837, p. 229. Du reste, l’amputation ayant été pratiquée le lendemain de 
l’accident, tout l’intérêt est dans là pièce inêmc. On aperçoit sur le dessin les trois métatarsiens du milieu restés unis entre 
eux et luxés en haut et en arrière ; le cinquième isolé, luxé en dehors, et renversé de manière ^ présenter en dehors sa 
ferette le premier, également séparé desautres, s’étaitluxé en dedans sur la face interne du premier cunéiforme. 


LBXplication des planches.